‹ Introduction à l'histoire générale de la province de PicardieChapitre 45 sur 294 · BAINS DES BELGES-ROMAINS · texte numérisé non relu

BAINS DES BELGES-ROMAINS

Les bains faisaient aussi partie des thermes. Les Belges-Romains en eurent de publics et de privés. On croit que la découverte faite depuis peu d'années au sudest et à 2.017 toises de la ville de Saint-Quentin , entre les villages d'Urvillers et de Neuville, a 100 toises environ et sur la gauche du grand chemin de Saint- Quentin à La Fcrc , était des restes de bains domestiques (2). L'emplacement est sur une colline assez élevée faisant partie d'un fief de 80 arpents de terre environ , qui appartient en partie à une ancienne famille noble , dite de Montguyot. La totalité du fief porte le nom de Reaulieu , en latin Régal i* locus : ce qui semble annoncer que nos rois eurent un palais en ce lieu , avant que le Vcrmandois fût possédé par des comtes héréditaires , et que ces biens ne font qu'une bien petite partie de celte ancienne maison royale, qui avait appartenu auparavant à une famille romaine, comme on le verra par la suite. Ce qui conduisit à cette découverte fut l'affaissement des terres , dans un endroit où le sommet de la colline commence à se rabattre du côté d'Lrvillers. A un pied de terre on commença à apercevoir des vestiges d'un bâtiment de 80 pieds de longueur sur 30 de largeur environ. Aux deux extrémités de la face septentrionale de ce bâtiment étaient deux carrés en maçonnerie faits de moellonnage et de mortier, de quatre pieds de profondeur, un peu plus, un peu moins. Le premier carré d'environ douze pieds, était partagé par un mur où passait un tuyau de plomb qui avait trois pouces et demi de diamètre.

Le second construit de même, à l'exception qu'il n'était point partagé, portait

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treize pieds de long sur huit de large ou environ. .\ celui-ci paraissait une ouverture en forme de porte , mais trop étroite pour le passage d'un homme. Les basjoycrs étaient deux tètes de maçonnerie montées d'aplomb, faites de tuilaux et de ciment. Un curieux, comme M Piétavi, aurait pu apercevoir la même ouverture au premier carré si les ouvriers ne l'eussent détruit avant que la découverte fût parvenue à sa connaissance. Le plancher de ces deux espèces de bassins était fait d'une couche de mortier composé de chaux, de ciment et de gravier d'environ cinq pouces d'épaisseur, très-uni et très-dur (I). Sous cette couche était un lit de tuiles à rebord de différente grandeur et d'un pouce et demi d'épaisseur. Nous traiterons ailleurs de ces tuiles. Au-dessous était une seconde couche de même mortier. Les murs étaient revêtus d'un enduit de trois pouces environ , composé de chaux et pierres broyées, appliqué immédiatement sur le moellon, recouvert d'un demi pouce de ciment, et le tout d'un ouvrage en mosaïque dont nous avons donné la description.

La politesse de M. et M.or de Montguyot nous ont mis à portée , trois ans après la découverte, de Taire fouiller, non au même endroit où la terre avait été remuée, mais à peu de distance. Nous y avons découvert un carré semblable aux deux précédents. Il nous a paru moins grand peut-être parce qu'il n'était qu'une partie d'un tout plus considérable : en effet, les murs n'avaient pas un pied d'épaisseur. Le mur qui regardait l'occident était traversé par un canal de terre cuite. Le fond du bassin avait la solidité de la pierre la plus dure quoique le massif ne fût composé que de ciment et de chaux. Il avait un pied et plus d'épaisseur. Les pluies continuelles nous ont empêché de continuer la fouille et de connaître à fond l'ensemble de ce bâtiment. Il avait servi certainement à des bains, à en juger par la position des conduits de plomb et de terre cuite qui portaient l'eau dans les différentes chambres, et par les débris en grand nombre d'autres tuyaux de terre que les ouvriers ont trouvés parmi les déblais. L'ouverture d'environ un pied et demi que l'on a aperçue dans un autre carré , ouverture qui répondait à un puits perdu, indique une décharge des eaux par le moyen d'une vanne dont le ventail jouait dans des coulisses. Si nous avions pu pousser plus loin nos recherches, nous eussions découvert, sans doute, un quatrième carré qui, avec les trois déjà connus , devait offrir un bâtiment dans la forme de celui qui fut découvert, sur la fin de l'année 1737, à Montmartre près Paris; c'est-à-dire, un édifice carré oblong , partagé en plusieurs chambres pour prendre les bains, et en

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