‹ Introduction à l'histoire générale de la province de PicardieChapitre 79 sur 294 · TEMPLES · texte numérisé non relu

TEMPLES

Chacune des cités eut un temple au moins , et dans ce temple la statue d'un ou de plusieurs dieux romains de la première classe, c'est-à-dire Jupiter, Mars, Mercure, Apollon, Saturne, Diane, Cérès, etc. Si vous u approchez aussitôt,

(I) Ucao.. pat»., 1. S, ftn. 4». (3) Mu. Tyr.. diuert. 38, p. 4M-4S0.

(S) IMd., *. SIS. (4) Le Bswf. Ecrit fur l'hi*., ton. n , p. 3tt.

dit Rictiorare (1), dans le premier interrogatoire qu'il fît subir à Amiens à saint Quentin, et ne sacrifiez à nos dieux, je tous jure par les dieux et les déesses que je tous ferai tourmenter jusqu'à la mort : niti nunc accesseris , et diis nostris sacrificaveris, per Deos Deasque juro. J'en jure par les dieux très puissants, Jupiter, Mercure, le Soleil (Apollon), la Lune (Diane) : per potentissimos deos Jovem et Mercurium , Solem et Lunam juro. Si tous ne sacrifiez aux dieux immortels, disent les persécuteurs aux compagnons de saint Lucien (2) , nous ordonnerons que tous soyez punis par le glaire : niti sacrificaveritis diù immortalibus , gladio vos mox puniri jubemut.

Voici le discours qu'on leur fait tenir à l'apôtre du BeauToisîs (3) : Si tous êtes Romain, pourquoi faire une si grande sottise que d'abandonner le culte des dieux que l'Empereur, le Sénat et l'univers entier révèrent? Qodsi Romanus et, cur à cuit uni deorum insanissimà recessisti, quo* Augustin Cœsar veneratur cum omni senatu romano , et colit universus or bis. Les actes de saint Ricul (4) font dire au préfet Quintilius, qui était à Sentis, en parlant aux faux prêtres des dieux : ite et diis nostris libaminum tictimas ex more diluoulo préparâtes., allez et préparez dès la pointe du jour les victimes qui doivent être offertes aux dieux. Leurs simulacres, suivant les mêmes actes , étaient vendus publiquement à la porte de la Tille, dans une place qui servait en même temps à exposer en vente les victimes pour les sacrifices, et aux supplices ceux qui refusaient de brûler de l'encens aux dieux : comperit (Regulus) locum esse ante portant civitatis ad hoc habilem , ubi plurima eatercebantur negotia. Erant enim ibi deorum simulacra , sacerdotum mensœ sacrificii victimes rendentium, atque diversi tor menti gênera , quibus sacrifteare notantes graviter afficiebantur. (5).

De quelle religion étes-vous, disait Rictiovare à saint Crépin et à saint Crépinien? Quel Dieu adorez-vous? Est-ce Jupiter? est-ce Diane? est-ce Apollon? est-ce Mercure? est-ce Saturne? Cujus Dei oultores es Us? Cujus religionis vos veneratores fatemini ? Utrum Jovem , aut Dianam , aut Apollinem colitis aut Mercurium vel Satumum ? Le tyran était à Soissons où il interrogea aussi sainte Macre en lui disant de sacrifier aux grands dieux et de jeter les yeux sur le

Capitole: sacrifica, inquit, diis tnagni* prospice ad Capitolium et

sacrifica diis (6) ? Le conseil du Préfet voyant qu'elle refusait constamment d'immoler aux dieux prononça qu'elle serait brûlée vive au pied du Capitole où elle avait méprisé de sacrifier: ut quandô renueret magnis diis immolare,

{i; Hemer. Aug. Virons., tegitt., p. 4, n.* 3. (4) Itnd,, km. m, m»rt.. p. 823 , o.* 8.

(1) Boll., «cl. S. S. tom (9) IWd., p. 823 , d.* li.

(S) Ibid.. Jw>. tom. i, p. 485, n.' 18. (6) BolL, tom

ad Copitolium, quo libare negligebat, combureretur. (1) EnBn les actes de! Quentin mettent dans la bouche du même Préfet ces paroles engageantes . Sacrifies aux grands dieux, seulement à Jupiter et à Apollon: taorifioa magnia diit t tantum Jori, et Apollini (2).

Parcourons tous les lieux de la prorince où nous connaissons que ces dieux eurent des temples. Il est certain que Jupiter en avait un à Amiens. Les actes de saint Firmin disent expressément qu'Auxilius, prêtre de ce temple, se plaignit aux présidera que ce chrétien lui seul éloignait tellement le peuple du culte des dieux, que personne ne venait plus aux temples de Jupiter pour y offrir

de l'encens et des prières : ett hic unut chriitianorum ski subrertit popu-

lum à culturâ et religions deorum, ut ad tetnpla venercmda Jovit... nullut jam ad thurifioandum tel supplicandum veniat (3). Il est vraisemblable qu'il y en avait un à Beau vais ; mais les actes de saint Firmin, qui prêcha d'abord la foi en cette ville, ni ceux de saint Lucien et de ses compagnons n'en disent rien. A Senlis la statue de Jupiter partageait les honneurs divins avec celles des autres faux dieux de différents genres, dans un temple magnifique construit dans l'intérieur de la cité. Saint Rieul le détruisit par l'invocation du nom de

Dieu : templum quod intra muro» situm nvitatit magno venorabatur cultu;

mira- compositions et ornatus, in quo inerant quant plurima damogeneris timulacra , quœ cunota divini nominit invocation*... tub~ vertit(A). Il faut brûler vif, disent les pontifes du temple, ce Rieul qui a osé porter une main sacrilège sur nos dieux protecteurs de la ville: vivut débet tncendi Regulus , qui tacrilegd manu deot nottrot , urbit protectorat , tangere non metuit. Il paraît qu'à Soissons le temple de Jupiter y avait été bâti sur le modèle de celui qu'il avait à Rome sur le mont Tarpeien; du moins est-il nommé Capitale dans les actes de sainte Macre, comme celui de Rome: protpice ad Copitolium et tacrifioa diit (5), et sans doute avait-il de même plusieurs parties dont chacune était consacrée à une divinité particulière. Jupiter avait aussi un temple dans la capitale du Vermandois , selon las actes de Saint-Quentin : i acrifioa diit , tantum Jori etc. (6).

Page 1