LE LA03S0H
f«J Hegirt.E. de l'H6t.-dft-VUIe d< (1) Gall. cbrùt. L ne, col. 8*3.
(3) Arcb. de l'abb. de Breleull.
(i) Cartol. Hegal. mont., btbl. reg., fol 47. *.*
(5) S.' Cirtul. du ebap. de Beaoraii . fol. S09, ».«
(6) Ibid., fol. 1U, t.'
(7) Supra, fol. 37, t.»
(S) Cariai. Tbeaol., ibkd., fol. s* , ».•
bles chaque année : quolibet anno in die Brandonum. Gozon de Champagne, évéquc de Laon, transige pour la chàtellenie de Laon avec Jean de Torole (1): anno 1301 (1802) dominica ante Brandone*. On voit dans le premier volume du Cartulaire in-folio de la cathédrale de Soissons, une sentence du lieutenant du prévôt de Laon , concernant le village d'Acy , datée de l'an 1 347 (1348) le mardi après le» octaves de* Brandons. L'abbaye de Saint- Vincent avait un cens à percevoir sur le bois de Mainnoise au jour des Brandons, suivant une sentence du bailli de Vcrmandois du 22 mai 1395. lh soioîfNOis. Le Noyonnois, où il ne reste plus aujourd'hui de vestiges des Brandons, fut cependant des cantons de la Picardie le plus attaché à cette époque jusque vers la fin du xv.* siècle. Il paraît même que les ecclésiastiques ne s'en faisaient point scrupule; car suivant les renseignements qui nous ont été donnés par M. Sézille, théologal de l'église dcNoyon, tous les actes capitulaircs, jusqu'en 1374, sont datés ou d'un des jours ante et post Brandone» ou des dominica prima, secundo, tertiapost Brandones. On lit à la téte du manuel à l'usage du diocèse, imprimé à Paris en 1560, ces deux vers qui ont été faits pour le comput.
Après la fete sainte Agathe Prime Lune querons Le samedi après, vigile des Brandons.
Nous ne connaissons qu'un seul acte civil de ce canton, daté des Brandons; ce sont des lettres de Jean Havars, écuyer, qui constituent Jean-de-Pont-l'Evéque, l'un de ses exécuteurs testamentaires, l'an 1300 (1301), le mardi après les Brandons (2).
le roxTBiio. Dans le Ponthicu, Jean de Beaurain fut élu maire de Montreuil- sur-Mer, en 1265 selon notre manière de compter, die dominica in Brandones anni 1264, on lit ainsi dans le compte de sa mairie. Suivant un ancien registre du comté de Ponthieu conservé dans les bureaux des finances de la généralité d'Amiens, Edouard, roi d'Angleterre en 1285, fait une réunion à son domaine de Ponthieu: anno 1284, sabbato ante Brandones. On lit dans un autre registre de la ville d'Hicrmont, collationné en 1585: en la ville d'IIiermont y a maieur et eschevins qui se renouvellent chascun an le jour des Brandons.
le sehlisjen Dans le Senlisien, cette date a été invariable plus longtems, comme dans tous
les autres cantons situés au delà de l'Oise. Guillaume de Brasseuse (3) reconnaît, au mois d'avril 1253, devoir à l'église de Senlis neuf muids de blé chacun an, dont sept muids payables infra Brandones. Robert de Cresson-Essart , évèque de
(1) Belotit. Obser». rit. Uodom, p. 193. (S) Cartul. Ecd. SylY»n*el.. c. ».
\i) Ctnul. Unicainpi.ibld., fol. 1*0,
Scnlie (I), fait expédier des lettres en faveur de la confrérie de» drapiers de la ville die Brandonum 1281 (1282). Le roi Philippe IV (2) confirme en 1803, à l'hôpital de Saint-Louis de Senlis, un muid de blé de rente à prendre sur le moulin de Pont: prima die Brandonum . Nous avons une sentence de Jean de Sempy, bailli de Senlis, en faveur de la cathédrale, datée de l'an 1331 (1382), du lundi après le» Brandon». On trouve dans le cartulaire d'Ully-Saint-George , aux archives de l'abbaye de Saint- Denis, et dans celui de Royal-Lieu, près Compiègne, dans la bibliothèque du Roi , deux autres sentences du bailli de Senlis ; la première de l'an 1233, du lundi après le» Brandon» 1232; la seconde de Tan 1342, donnée en l'attise qui commença le dimanche jour de» Brandon» 1341 . La même date se voit dans las anciens actes capitulaires de l'église cathédrale (3), comme il paraît par celui de l'an 1256 (1257), feria testa pott Brandone». Les Brandons étaient un terme de paiement dans la chatellenie de Hont-Héliand, comme il parait par le dénombrement du fief de Roberval servi le 2 d'août 1411, à l'abbé de Saint-Denis en France, par Jean Boudart dit Moreau, écuyer: item, au jour de» Brandon» (4).
Dans le Soissonnois, on lit dans une charte expédiée à Yillers-Cottercts au Li soissohnois. mois de janvier 1238 (1239), ad instante» Brandone» (5). Dans une autre de l'abbaye de Chezy, passée à Château - Thierry : anno 1259 (1260), die Lunas proximœ pott octaba» Brandonum. Par une troisième du mois de février 1 273 (1274), le comte de Soissons reconnaît devoir payer au Chapitre de la cathédrale une rente en blé: in die Brandonum. On lit dans une quatrième, touchant Villers - les - Hélons , près Blanzi : die Mercurii pott Brandone» 1288 (1289) (6). Dans une cinquième de Beaudouin du Plessié, du côté d'Ouchy-le- Château: in die Brandonum 1297 (1298). (7) Le roi Philippe-le-Bel confirme au mois de mai 1306, une rente en blé, payable à l'abbaye de Royal-Lieu, inter Natale Domini et Brandonet (8). On trouve au même Cartulaire une sentence du prévôt forain de Compiègne de l'an 1330 (1331), le mardi prochain après let Brandons (9). La même année jour du dimanche des Brandon» (10) ^ Elisabeth deChâtillon, abbesse de N.-D. de Soissons, traite avec l'abbaye de Saint-Faron, de M eaux. Les dénombrements de deux fiefs, situés à Cuffies, servis à l'évèché de Soissons en 1336, portent, savoir, le premier: item un teptier de
(l) Areb. de régi, de Sealit. (t) Arch. de l'abbaye de Long-Pont,
(ï) Arch. UospiUl. Sylranect. 0) Arch. de 8ainl-Crépln-le-Grand.
{3} Cariai. Eccl. Sjlvanecl. (8) Cêrtiil. Régal, loc, cari. m.
(*) I" Reg. te « neh de l'abb. de Saint-Den». p. 1 M». (9) Ibtd, eart. eu.
(S) Da Cbewe , preuve de I biit. géneal. de Dreai , (10) Hiri. d« l'abb. de N.-D., p. SIS. p.*T».
vin, un pain blanc et une chandelle de cire le jour de» Brandon» chascun an, prins en l'hottel du Révérend Père à Soissons; le second: item un lot de vin, un quart de pain d'un denier Neret, et le quart d'une chandelle d'un denier Neret, prins chascun an le jour de* Brandon» etc., comme dessus. Autre d'un fief situé à Sept-Mont, servi de même, le 22 de mars 1371 : premier m teptiers de vin cler, m pain» et m chandelle» que ledit Révérend Père me doit au jour des Brandon». Enfin, suivant le Dagard ou l'ancien Ordo de l'église de Saint- Pierre-au-Parvis , rédigé en 1350, on devait sonner Primes à la mortuaire le jour des Brandon».
le vemcanbois. Dans le Vermandois, Gui, évèque de Noyon, transigea avec le Chapitre de Saint-Furcy de Péronne en 1289 : diejovi post Brandone» (1). L'abbaje de Saint- Nicolas d'Arouaise promit, au mois d'avril 1295, de rendre à celle de Saint- Barthclcmy de Noyon une certaine prestation en grains sur le moulin de Farniers, moitié à la Toussaint, moitié ad Brandone» (2). En 1297, la ville de Saint- Quentin s'engagea de même de payer à l'abbaye de Saint-Prix, pour le détroit de Pontoille» , huit livres parisis, et commenchea le premier payement a lendemain du jour du Behourdich condist les Brandon», qui y est en l'an de grâce 1297 (1298) (3). Jean du Plessier, seigneur de Crapauménil, fait un don à l'abbaye d'Ourscamp en 1236 (1237), Venredy (vendredi) avant le» Brandons (4).
la cérémonie dis Cette fête de Cérès était sans doute bien célèbre encore dans la Picardie au ciBtoBSDK la ce*]»- un. e et xiv." siècles, puisqu'elle avait octave, puisqu'on datait des jours qui la deleci a fbu sa précédaient et qui la suivaient , et même des dimanches suivants jusqu'au troi- PLACC- sième inclusivement, comme nous l'avons vu. Dans les derniers temps, l'Eglise
ne pouvant extirper, dit le Pape Innocent III (5), la coutume qu'avaient les payens au commencement de février, de chercher pendant la nuit , avec des flambeaux allumes, Proserpine enlevée par Pluton, changea cette superstition en une illustration chrétienne, c'est-à-dire qu'elle substitua la cérémonie des cierges de la Chandeleur à celle des Brandons. D'autres pensent que la fête de la Chandeleur a pris la place des Lu percales (6). Nous verrons bientôt qu'on a fait , dans les derniers temps , un mélange de la fête des Brandons avec celle des Robigaillcs (7). Celle-ci se faisait à Rome le 25 d'avril et ne durait qu'un jour. Elle devait son origine , dit Pline (8) , à Numa. C'était une procession
(I) Arehir. de SAiol-Furcjf. (S) Senno Innocenlii. PP., iitprt.
(S) artol. S. BArthot. notion»., fol. 68, v.' (e) D. de Vert, cerem. de la inease. I. n , p. 17.
(3) Cariai. 9. Pngecti , fol. M , r.* (7) Merc. de Fr.. nui 1733 , p. I
(4) Cariai. Urucampi, fol. Vf, t.; in triblMb. rtg. (S) Plia., I. Il , c. 89.
pour préserrer les biens de la terre de la gelée, des chenilles, et surtout de la rouille, en latin rubigo. En quelques endroits de la Picardie on passe encore la flamme du Brandon autour des troncs et aux branches des arbres fruitiers. Cet usage ne serait pas blâmable , s'il n'eût pour motif que de purger les arbres de chenilles dont les œufs commenceul à éclorc aux premières chaleurs, et s'il n'eût dégénéré insensiblement en superstition. La procession de Saint-Marc a été instituée pour ramener les peuples de cet usage pajen , comme les processions des Rogations ont succédé à une autre cérémonie appelée Ambarmle* , parce que les frères Arvalcs (1) conduisaient autour des champs la victime qu'ils devaient immoler à Cérès ; car l'une et l'autre avaient à peu près le même objet, c'està-dire la conservation des moissons, comme nous l'apprend Jean Ravi si us dans son Oflicina en parlant des Rogations : quale» sunt, dit-il, nottro tempore supplications Amburbiœ et Atnbartale$ quœ fiunt ut fructus terrœ agricolarum voto rexpondeant. Mais ce qu'il ajoute , savoir que ces processions se faisoient au sept des calendes de mai , parce que les moissons étaient alors plus exposées à la rouille : ques nunc aguntur ad teptimum calendarum maii, quoniam tuno feri segetet rubiyo occupât, fait voir que l'auteur a confondu les Ambarralet , qui se célébraient immédiatement avant la moisson, avec les Robigailfas.