‹ Introduction à l'histoire générale des littératures orientales: leçons faites à l'UniversitéChapitre 4 sur 9 · SI · texte numérisé non relu

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intervenir qu'à titre d'auxiliaires dans l'histoire détaillée des letti'es à une époque donnée.

Telle est, Messieurs, la division générale que je me propose de suivre dans l'étude des littératures de l'Orient ; elle vous fait connaître leur patrie, où nous devons chercher lem* formation et leur premier développement; elle repose, comme vqus avez pu l'observer, sur ce qu'il y a de plus intime , sur ce qu'il y a d'essentiel dans la vie des nations Asiatiques, la nature des idées religieuses; elle est favorable aussi à l'appréciation du beau, tel que les grands peuples de l'Asie l'ont conçu, tel qu'ils l'ont exprimé dans leurs œuvres presque toutes poétiques parleur forme, puisque l'inspiration religieuse n'a pas cessé d'être parmi eux l'âme de la poésie et des beaux-arts. La pensée Orientale est toujours grande, parce qu'elle rapporte les choses du monde à la conception idéale d'une beauté et d'une perfection surnaturelles : aussi son expression est-elle empreinte d'une imposante élévation et renferme-t-elle toute la richesse d'imagination qui puisse être réalisée dans les œuvres d'art. Quand la poésie, s'appliquant aux problèmes les plus sérieux de l'existence, est en Orient la raison chantée, elle emprunte encore au langage ses fonnes les plus variées et ses coulem^les plus brillantes; elle s'adresse à la fois à toutes les facultés de l'intelligence; si elle est trop souvent employée à donner un corps à des abstractions subtiles ou à de riantes illusions, son étude n'est point cependant sans attraits ou sans intérêt, et il semble que la 'connaissance même de ses défauts ne soit point chose inutile à l'éducation littéraire de l'esprit Européen. Certes, on aurait tort de vanter sans distinction les chefsd'œuvre du style Oriental , de les prendre sans discernement pour des modèles du bon goût ou d'y chercher les rè-

— angles d'une poétique universelle; il gérait également injuste de les rejeter comme ne satisfaisant pas aux exigences de la critique moderne, qui s'est formée à l'école des anciens, mais qui, en acceptant leurs exemples, ne peut sacrifier sa liberté d'examen et son indépendance littéraire. Il est donc nécessaire, Messieurs, pour rester dans le vrai, de juger les productions Orientales sans prévention et surtout sans admiration exagérée en tenant compte sans cesse de l'âge et des lieux, d'apprécier leur valeur individuelle par le rapprochement d'œuvres semblables choisies dans des littératures mieux connues : c'est l'unique moyen d'assigner à ces productions une importance légitime dans la culture générale des lettres, comme on la conçoit aujourd'hui sans exception de temps et de nationalité, et de conseiTer à leur étude l'utilité incontestable qu'elle présente au point de vue historique.

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