‹ Introduction a l'histoire littéraireChapitre 21 sur 50 · Voir le chapitre des paures, p · texte numérisé non relu

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résulte de cet orgueil. Rapprochez d'Hugo ce poète exquis et profond, Sully-Prudliomme. Quelle rareté de Timagination métaphorique, ou même quel dénuement relatif! Le tempérament scientifique de M. Sully lui a interdit une acquisition de richesse, qu'au fond, peut-être malgré lui, il n'estimait pas, ou au moins pas assez pour la rechercher aux dépens d'autre chose. Ce n'est jamais impunément, pour certaines parties de l'imagination, qu'on se met en état d'écrire un livre, comme celui de M. Sully sur les principes des beaux-arts, jamais impunément qu'on étudie, comme Gœthe, les sciences naturelles, ou qu'on se fait critique littéraire.

Gœthe et Schiller difTèrcnt l'un de l'autre sous bien des rapports, mais il me semble que la différence la plus importante, celle qui commande les autres, est que Gœthe eut l'esprit scientifique et Schiller point '. Au res'.e parmi tous les poètes, Gœthe se fait remarquer par cet esprit. Je ne vois en France qu'un homme qui sous ce rapport rappelle Gœthe, c'est André Chénier; si ce dernier eût vécu, la ressemblance serait bien plus accusée.

Quand je considère les orateurs, je crois apercevoir tout d'abord deux familles assez distinctes : ceux qui raisonnent beaucoup, qui s'adressent à la raison, à la logique de leurs auditeurs, veulent les convaincre; et ceux qui sont véhéments, qui émeuvent et veulent entraîner par l'émolion, Bourdaloue et Bossuet par exemple au xvii'' siècle; de nos jours, Dufaure et Berryer.

On peut se demander, il est vrai, si le raisonnement, la logique, sont une même chose que l'esprit scientifique. Rousseau, raisonneur jusqu'à en être subtil, ne semble-t-il pas être par ses opinions, par ses goûts, un anti-scientifique? Cet exemple suffit pour nous porter à réfléchir. La faculté de raisonner, de suivre les conséquences d'un principe, de se manifester logicien, est certes une faculté nécessaire dans

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