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Voir le chap. Esquisse d'une Inérarchie

Je ne vois pas dans le royaume de la littérature d'autres provinces qu'il soit utile de marquer. Encore n'existe-t-il rigoureusement que deux genres, si Ton considère les facultés d'où procèdent les œuvres. 11 n'y a parmi les auteurs que deux types intellectuels qui soient tranchés : les uns sont surtout lyriques, les autres surtout dramatiques.

Et puis, parler en son propre nom ou faire parler des personnages, cela fait deux conditions qui entraînent l'auteur dans des voies bien différentes.

Le lyrique tend à se donner le mérite du style. Expliquant sa propre personne à un public que le moi rebute aisément, l'auteur sent que le style est un bon moyen de retenir, d'intéresser. Quand on va dans le monde, y va-t-on d'ailleurs avec ses habits de tous les jours?

La toilette du langage est ici chose de convenance. Parler de soi, enfin, porte naturellement au style; je le montrerai ailleurs *.

Au poète dramatique qui crée des personnages, une toute autre visée s'impose. Avant tout le poète est tenu de faire parler chacun de ses personnages selon la condition, le caractère, qui lui ont été une fois attribués. Autant de personnages, autant de langages. Celui qui tout au travers de tant de façons de parler différentes cherche encore à montrer une langue personnelle, a avoir du style, vise deux fins incompatibles; c'est comme s'il voulait courir à la fois en deux chemins divergents.

« Trois genres, dira-t-on, c'est bien peu. Il y a en tout cas une grosse lacune bien visible : que faites-vous des orateurs? »

Le genre prétendu que les rhétoriques marquent de celte étiquette Véloquence, semble effectivement manquer à mon énumération. Il faut s'expliquer sur ce point. L'orateur est un homme qui mêle à chaque instant toutes les visées. Il

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