Parlage de Midi
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que joies sont une prison pour l’âme qui
rend ?. veut vivre libre. « Je ne parle pas de upe Uñ l'amour conjugal, écrit M. Claudel, qui Parlagt est quelque chose d’infiniment plus beau
et plus profond ». Mais il parle de la
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passion satisfaite et son exclusion de l’infini lui semble « un paradis... en rien différent de l’enfer. » Un être humain ne peut pas être la fin suprême d’un autre être. Les pages hardies de Pariage de Midi l'ont déjà dit. Celles de Saulier de Salin l'affirment davantage: « l'amour humain n’a de beauté que quand il n’est pas accompagné par la satisfaction » :.
Don Rodrigue.
Et crois-tu donc que ce soit le corps seul qui soit capable d'allumer dans le mien un tel désir ?
Ce que j'aime, ce n’est point ce qui en elle est capable de se dissoudre et de m'échapper et d’être absent, et de cesser une fois de m’aimer, c’est ce qui est la cause d'elle-même, ce qui produit la vie sous mes baisers et non la mort !
Si je lui apprends qu'elle n’est pas née pour mourir, si Je lui demande son immortalité, cette étoile sans le savoir au fond d'elle-même qu'elle est,
Ah, comment pourrait-elle me refuser?
. 1. Lettres à Jacques Rivière.
Ce n’est point ce qu'il y a en ellé dé trouble et de mêlé et d’incertain que je demande, ce qu'il y a d’inerte et de neutre et de périssable,
C’est l'être tout nu, la vie pure,
C'est cet amour aussi fort que moi sous mon désir comme une grande flamme crue, comme ün rire dans ma face !
Ab. mé le donnât-elle (je défaille et là nuit vient sur mes ÿeux })
Me le donhât-elle et il ne faut pas qu'elle me lé donne,
Ce fest point son corps chéri jamais qui réussirait à mé contenter ! |
Jamais autrement que l’un par l autre nous ne réussirons à nous débarrasser de la mort,
Comme le violet s’il se fond avec l'orange dégage le rouge tout pur !
Etrangé conflit dans le cœur dé l’horime, puisque rien né le râssasiera, et qu’il n’est pas plus tôt séparé de ce qu'il aime qu'il souhaite la mort ! Cës aperçüs trop rapides, des sentiments qui sont exprimés dans Ces deux drames avéé intensité ét sans réticences ; nous
font parvenir à l'essentiel personnage de toute l’œuvre de M. Claudel, qui est lui-même. |
On a souvent dit que ses drames étaient des poèmes, et déjà en 1891, Fagus, dans l'Occident appelait Téêle d'Or et la Ville des « Odes dramatiques », mais 1l faudrait bien plutôt remarquer que même les poèmes de cette œuvre sont des drames ; plus réellement, que cette œuvre entière est un long drame unique. Les Cinq grandes Odes elles-mêmes sont de l’action.
Tout y est acte, conflit, opposition, paroles vivantes, réponses sollicitées et obtenues. Pas une page, qu’elle soit de la Messe là-bas, ou de Corona, où l’on n’entende quelqu'un vivre. Plus encore que la musique, c’est « un clair dialogue avec le silenceinépuisable», mais non pas avec Île silence de la nature, qui est sans voix : avec le silence mystérieux existant en chacun de nous et dont nous ne modelons pas les réponses et les décisions au gré de notre vouloir. On ne peut entrer en plus intime communica-
tion avec l’œuvre de ce poète que par ce
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Pathétique, une fois qu'on l'y a surpris.
Ce qui se voile SOUS l’exubérante image Sans cesse changeante, c'est un sérieux et
plus souvent — ER NOUS fait frémir de secrètes cordes. « La passion de ce cœur Plein de cités ». 4 Le mal de ce Cœur trop Plein ». Dans l'inquiétude des ciels gris de la guerre : « C’est donc Ça qu’on appelle le jour? » « Je vis, et Je suis seul Comme d'habitude ». Les êtres Séparés, “plus infortunés que ces deux astres
« Je demeure l’homme unique et im- Pair, plein d’inquiétudes et de travaux!
O passion de la Parole ! 6 retrait ! Ô terrible solitude! Ô mort de moi-même et de tout ! séparation d’avec lés hommes!
J'entends mon antique sœur des ténèbres qui remonte une autre fois vers moi ! »
Mais la patiencé, au long de la vie, pareille à une lente conquête de la paix, refoule progressivement l’inquiétude.Pour M. Claudel, l'invasion de la grâce; comme celle de la beauté pour l'artiste, règle la vie du chrétien, son souffle et son mouvement, ses arrêts, ses avances eb ses retours. Son œuvre ne nous apparaît peut-être, même dans ses pages de rigueur affirmative, si pressante et si nerveuse, que parce qu'une vie ainsi dramatisée la soutient. Elle nous touche par son caractère sanglant d'expérience.
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