LE SENTIMENT RELIGIEUX
Analyser ét suivre le sentiment si séréux de la religion et du catholicisme dans l’œuvre de M. Claudel, seraitla citer én entier, car ne c’est pas ici et là qu’elle est religieusé, c’est en sa souïce et dans toute son expansion: Cependant elle ne prêche pas, n’expose pas une croÿance, ne s’enferme pas non plus dans les cadtes d’une œuvre religieuse. Mais elle est imprégnée d’une foi forte ét active. M. Duhamel, le premier, a vu dans l’œuvre alors à démi ébauchée seulement de M. Claudel, qu’elle était « un acheminement vers Dieu ». C’ést le mot le plus lumineux que l’on püisse en dire. Heureusemént, ce catholique qui ne le fut pas toujours ne S’ést pas crü übligé de ne traiter que
des sujets religieux, comme trop d’écrivains de nos jours « convertis » l’ont fait, ressemblant à ces nouveaux riches, à ces nouveaux nobles, qui mettent partout leurs armes, partout de l’or ; ou comme ces intellectuels intransigeants qui, ayant découvert la vérité, se montrent intraïitables et infaillibles, et, nouveaux riches eux aussi, méprisent les pauvres... Lorsque M. Claudel, accomplissant d’année en année la tâche que lui assigne, non un devoir prévu, mais l'inspiration, fille de l'homme et de la destinée, rencontre les sujets pieux ou mystiques, il ne les élude pas, les accueille d’un esprit fervent. Son lyrisme fondamental s’y plaît, s’en épanouit. L’Ancien et le Nouveau Testament lui donnent leurs images et leurs textes,que parfois il se contente de reproduire. Toujours leur profond mouvement, leur envolement, ou leur plongée abrupte, glissent autour de ses compositions, gonflent et creusent son style et orientent sa pensée. Dans toute son œuvre, il garde vis-à-vis des choses divines
l'attitude chrétienne.Le poète n’est qué
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le serviteur de la vérité. Qu'elle luise à travers l’œuvre humaine ! Maïs l’ascétisme que s'impose l'artiste n’est que la seconde manière qu'il ait d’être chrétien, et « l’art n’est qu’une pâle contrefaçon de la sainteté !. »
L'art religieux contemple les mystères du monde, et le sens du mystère dans les esprits. Le mystère spirituel est, dans l’œuvre claudélienne, l’échappée constante de la poésie. Sa psychologie, le pathétique et la tendresse qu’elle contient, sont le fruit d’une conscience qui s’éprouve ; tout ce que l’auteur voit en lui-même et tout ce qu’il apprend du monde, il en tire l’idée la plus large et la plus concrète que l’on puisse se faire de la divinité et de son rôle dans la vie de l'homme. Tout homme droit ne peut pas douter un instant, lisant cette œuvre, qu'il se trouve en présence d’un esprit sincère et totalement voué à la foi qu’il professe.
«Moi qui suis mille fois plus sûr,