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LES = D

Er 2e

Fig.41.— Lycopodium ; spo- Fig. 40. — Lycopodium clavalum. Fr à l'aisselle d'une euille.

games. Ce sont les organes reproducteurs qui seuls nous fournissent les caractères permettant d'agir de la sorte. Nous avons dit qu'indépendamment des rameaux décrits plus haut, il en existe qui affectent une forme et une

ORGANES DE DIVERS GROUPES DU RÈGNE VÉGÉTAL 147 direction spéciales :

reproducteurs.

Ceux-là ne sont pas couchés sur le sol; ils s'élèvent verticalement dans l'atmosphère, ne portent dans une partie de leur étendue que des feuilles très petites, puis, vers le haut, présentent des écailles ou feuilles modifiées, assez larges, étroitement imbriquées les unes sur les autres. Chacune de ces écailles offre dans son aisselle, inséré vers le bas de sa face supérieure, un petit sac arrondi, rempli de corpuscules très petits. Ce sont les organes reproducteurs de la plante adulte. Le petit sac a reçu le nom de sporange ; les corpuscules qu'il contient, celui de spores. Sans aucun acte de fécondation, les spores, parvenues à leur parfait développement et tombées sur le sol, germent ; elles représentent donc des organes reproducteurs asexués. Je dois mempresser d'ajouter que les spores ne donnent pas directement naissance à une plante semblable à celle qui les a produites, mais seulement à une sorte de tubercule verdätre, sur lequel se développent des organes reproducteurs sexués, organes extrêmement rudimentaires, n'offrant avec les fleurs des Phanérogames qu'une analogie tellement lointaine, que les Lycopodes méritent bien d'être placés dans le rang des Cryptogames ou « plantes à organes sexuels cachés ». Je ne veux pas entrer ici dans le détail de la structure de ces organes ; cette question sera mieux à sa place dans un autre chapitre. Je me borne à rappeler que la cellule femelle donne naissance, après sa fécondation, à une plante qui acquiert tous les caractères de celle qui a produit la spore asexuée. En réalité, c'est uniquement par la nature des organes de la reproduction que les Lycopodes s’écartent assez des Phanérogames, même des Gymnospermes, pour qu'on doive les classer dans un groupe différent.

La même démonstration serait aisée à faire pour les

ce sont ceux qui portent les organes

Sélaginellées, les Isoétées, les Marsiliées, etc., plantes très voisines des Lycopodiacées, et pour les Fougères, autre grande famille des Cryptogames. Dans toutes ces plantes, il est encore aisé de distinguer des tiges, des racines, des feuilles, des organes reproducteurs asexués ou sexués nettement différenciés.

Avec les Equisétacées, nous ferons un pas de plus vers la réduction des organes. Dans ces plantes, la tige et les racines sont encore nettement différenciées, tant au point de vue morphologique qu'au point de vue de la fonction, mais les feuilles sont beaucoup moins distinctes que dans les plantes précédentes. Elles sont toujours réduites à l’état de lames très petites et peu nombreuses, souvent sèches, scarieuses, très pauvres en chlorophylle, et la fonction capitale des feuilles, la fonction chlorophyllienne, est presque exclusivement exercée par des rameaux verts plus ou moins développés. Quant aux organes reproducteurs asexués et sexués, 1ls sont assez analogues à ceux dont j'ai parlé plus haut, pour qu'il me paraisse inutile d'insister sur leur morphologie.

Les Equisétacées forment la limite inférieure d'un vaste groupe de Cryptogames comprenant toutes les familles citées plus haut; ce groupe est désigné sous le nom de Cryptogames vasculaires, parce que les tiges, les racines et les feuilles offrent une structure analogue à celle des Phanérogames, et possèdent, comme ces dernières, des faisceaux libéro-ligneux. C’est un détail sur lequel nous n'avons pas à insister pour le moment.

Les Mousses, qui constituent le groupe le plus voisin des précédents et qui forment la limite supérieure de la vaste classe des Cryplogames non vasculaires, nous offrent encore une tige, des racines, des feuilles et des organes reproducteurs assez nettement différenciés, mais les racines sont très réduites, ce ne sont plus que des files de cellules cylindriques, disposées bout à bout, et

ORGANES DE DIVERS GROUPES DU RÈGNE VÉGÉTAL 149 les feuilles ne sont que des lames formées presque toujours d'une seule couche cellulaire. Dans les Mousses, les organes reproducteurs sexués sont portés par la plante adulte; la cellule femelle donne naissance, après la fécondation, à un appareil qui reste fixé à la plante

Fig. 42, — Picds mâles de Folytri- Fig. 43. — Pieds femelles de Polychum commune. Dans a la tige se trichum commune ; a et b sont tertermine par une rosette de feuilles minés par des urnes. entre lesquelles sont situces les anthéridies.

adulte, et dans lequel se développent, asexuellement, des spores destinées à reproduire la plante. Tout cela diffère encore beaucoup, on le voit, de ce que nous avons

observé dans les Phanérogames. Un grand nombre d’espèces de Mousses ne produisent d'ailleurs presque jamais d'organes reproducteurs sexuels. Beaucoup plus que dans les Phanérogames et que dans les Cryptogames vasculaires, la multiplication tend, chez les Mousses, à se faire par des procédés purement végétatifs. Tantôt ce sont des racines qui produisent, par simple bourgeonnement, une plante nouvelle ; tantôt ce sont des bourgeons adventifs de sortes variées qui se produisent en divers points de la plante, se détachent et vont se développer isolément, ete. Mais toujours ces moyens de multiplication rendent inutiles les organes sexuels dont l’importance est, au contraire, si considérable parmi les Phanérogames.

Fig. 45. — Organe femelle d’une mousse. à, b. ar-

c chégones; d, sommet de Fig. 44.— Polytrichum commune. Paraphyses, latige ; e, dernières feuil- ‘ et anthéridies émettant des anthérozoïdes, les modifiées.

Dans les Hépatiques, les feuilles se réduisent encore davantage et finissent même par disparaitre totalement dans une partie des espèces de cette petite famille. La tige, de son côté, perd de plus en plus les caractères morphologiques qu’elle offre normalement dans les Phanéro-

ORGANES DE DIVERS GROUPES DU RÉGNE VÉGÉTAL lol games et dans les Cryptogames vasculaires; dans un grand nombre d'espèces, ce n'est plus qu'une lame verte, beaucoup plus semblable à une feuille qu'à une tige, et c'est elle qui, seule, exerce la fonction chlorophyllienne. Les

Fig, 46. — Lunularia vulgaris. Plante adulte portant un appareil sporigène très développé et un autre plus petit.

racines sont encore plus simples, si c’est possible, que dans les Mousses. Quant aux organes reproducteurs, ils ont une organisation analogue à celle qu'ils offrent dans les Mousses, mais ils deviennent de moins en moins visibles, et les procédés purement végétatifs de multiplication ont une importance prépondérante.

Avec les Characées, les Aleues et les Champignons qui complètent le groupe des Cryptogames non vasculaires, nous perdons graduellement toute trace de véritables racines et de véritables feuilles. Dans les Characées, la tige est réduite à une seule file de cellules cylindriques, très allongées, placées bout à bout, portant au niveau des articulations des verticilles de cellules que l'on peut désigner sous le nom de feuilles, en tenant compte des connexions, ear c'est dans leur aisselle que naissent les rameaux. Ce sont les feuilles qui portent les organes reproducteurs mâles et femelles. Elles se distinguent

152 LE SAPIN encore de la tige et des rameaux en ce que ces derniers s'allongent indéfiniment, tandis que les feuilles s'arrêtent de bonne heure dans leur développement. Les organes sexués sont encore plus réduits que dans les groupes précédents. La cellule femelle donne naissance à une sorte de proembryon sur lequel se développe une nouvelle plante sexuée, Les Characées ont encore des filaments radiculaires qui servent à les fixer au fond des mares dans lesquelles elles vivent, mais qui ne jouent probablement aucun rôle dans la nutrition du végétal. s

Dans les Algues, même les plus élevées en organisation, comme les Laminaires, les Fucus, etc., on ne trouve plus aucun membre méritant le nom de feuille. La tige est plus ou moins ramifiée, mais ses branches sont toutes

Fig. A7.— Extrémité duthalle Fig. 48. — Coupe d’un conceptacle de Fucus du Fucus vesiculosus. offrant des organes mâles et femelles.

semblables et toutes exercent également la fonction chlorophyllienne qui, dans les Phanérogames, est l'apanage des feuilles, Il n'existe pas, non plus, de racines

ORGANES DE DIVERS GROUPES DU RÉGNE VÉGÉTAL 193 véritables. Les Fucus, les Laminaires, etc., sont fixés aux rochers par des crampons dont la forme rappelle, il est vrai, celle des racines de certaines Phanérogames, mais qui n'exercent pas le moins du monde les fonctions nutritives des racines véritables. Quant aux organes reproducteurs sexuels, ils se réduisent de plus en plus et diffèrent totalement de ceux que nous avons décrits dans les Phanérogames.

Les Algues inférieures et les Champignons n'offrent plus rien qui rappelle les feuilles et les racines des végétaux supérieurs. Toutes les parties deviennent de plus en plus semblables les unes aux autres. Seuls, les organes reproducteurs restent encore distincts dans un grand nombre de groupes; mais, à mesure que l'on descend l'échelle de ces êtres, ils se montrent, eux aussi, de moins en moins individualisés, jusqu'à ce que toutes les cellules du végétal jouissent au même titre de la faculté reproductrice.

On nous pardonnera de ne pas entrer 1ci dans l'étude de tous ces détails. Cette étude serait déplacée dans

Fig. 49, — Agaric champêtre : appareil reproducteur.

un ouvrage quine doit être que la préface des études botaniques En résumé, à mesure que nous descendons des Phané-

154 LE SAPIN rogames vers les Cryptogames vasculaires, de celles-ci aux Cryptogames non vasculaires, à mesure que nous

Fig. 59, — Coupe d'une portion de l'appareil reproducteur d'un Agarie, montrant les spores, c.

descendons des Lyco

F1. 51. — Champignons de la moisissure (Muor muceco). L'appareil végétatif est formé d'une cellule très ramifiée, étalée à la surface du liquide nutritif et portant trois branches dressées, a, b, ce, inégalement développées, dont une, c, s'est enflée au sommet en une sphère dans laquelle se dèveloppent des cellules reproductrices asexuées.

geres aux Equisétacées, des Equisétacées aux Mousses et aux Hépatiques, ,de celles-ci aux Characées, aux Algues

ORGANES DE DIVERS GROUPES DU RÈGNE VÉGÉTAL 155 supérieures, puis aux Algues inférieures et aux Champignons, les différents membres et organes deviennent de moins en moins distincts, jusqu'au moment où, comme dans les Spiropyra, parmi les Algues, toutes les cellules d'un même individu se ressemblent morphologiquement et exercent les mêmes fonctions physiologiques, etjusqu'à ce qu'enfin le végétal soit réduit à une seule cellule,

Fig. 52, — Levüre de bière.

tantôt verte, comme dans les Protococcus, tantôt Incolore comme dans les Bactéries et les Leviüres.

Les organes reproducteurs sexuels sont aussi variés que possible dans leurs formes, mais ils offrent partout, depuis les Cryptogames les plus inférieures jusqu'aux Phanérogames les plus élevées, une cellule mâle se fusionnant avec une cellule femelle qui, après cet acte de fécondation, produit directement ou indirectement, par des segmentations successives, une plante nouvelle. Ce qui varie pour ainsi dire à l'infini, c’est la forme et l'organisation des parties dans lesquelles se développent la cellule mâle et la cellule femelle. Quant aux organes reproducteurs asexués, ils varient pour ainsi dire encore davantage, mais ils peuvent toujours être réduits à ceci, qu'une ou plusieurs cellules, c'est-à-dire un bourgeon unicellulaire ou pluricellulaire se détache de la plante, et, S'il rencontre des conditions favorables, se développe en une plante nouvelle.

Décrire toutes ces formes, exposer cette organisation si variable des tiges, des feuilles, des racines, des organes

Fig. 53. — Deux fragments de filaments de Spirogyra dont quelques cellules sont en voie de conjugaison.

reproducteurs sexuels ou asexuels, ce serait faire l'étude de toutes les espèces végétales, c'est-à-dire embrasser la Botanique tout entière,

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