XX INTRODUCTION
toutes les choses de la terre et de prendre mon Tol vers vous! Voilà ce qui se passait en moi, voilà ce que vous y faisiez à mon insu ; car c*est en vous que réside la véritable sagesse. Et qu'estce que cette philosophie où je me sentais porté par Tétude de ce livre, sinon Tamour de la sa-
Si l'impression produite par YHortensius fut vive et profonde, elle ne pouvait être décisive. Comment ce livre eût-il servi de guide à Augustin? Nous savons par lui-même (car YHor^ iemiûs est perdu) que Cicéron y déroulait à son ordinaire tous les systèmes des philosophes, mais sans en adopter aucun. L'effet qu'il produisit était donc le seul qu*il pût produire : il donna à Augustin le sentiment et le goût des hauts problèmes; mais le jeune et ardent rhéteur était encore si loin d'une philosophie épurée que le premier usage qu'il fit de sa réflexion naissante, ce fut de se laisser séduire aux doctrines des manichéens.
Parmi les problèmes qui assiègent l'esprit de l'homme, il en est un qui avait attiré de préférencel'attentiond' Augustin, ou, pour mieux dire, ce problème, suscité par les agitations de sa vie, tourmentait à la fois sa raison et son cœur : c'est le problème de l'origine du mal.
Augustin croyait voir partout le désordre dans l'univers, parce qu'il le sentait au dedans