XXIV INTRODUCTION
des Garnéade^ qui usurpait le nom de l'école de Platon^ ce probabilisme subtil et ingénieux aboutissait rapidement au scepticisme absolu ; mais le doute ne. pouvait arrêter longtemps une âme comme celle d'Augustin , moins avide encore de lumière que de foi.
Une autre pensée vint tenter son esprit. Il sentait le faible d'une doctrine qui admet deux principes, Tun inférieur et pourtant premier, l'autre supérieur et pourtant forcé à la lutte. Du dualisme, répudié par l'instinct de sa raison, Augustin se jeta à l'extrémité opposée : il fut quelque temps panthéiste. Ecoutons son propre témoignage :
^ « Au sortir de cette erreur (le manichéisme), je m'étais jeté dans une autre, et je m'étais fait un Dieu de je ne sais quelle substance étendue à l'infini dans tous les lieux et dans tous les espaces imaginables; j'avais pris ce vain fantôme pour vous, ô mon Dieu ! et je l'avais mis dans mon cœur, qui, devenu le temple de cette nouvelle idole, n'était devant vos yeux qu'un objet d'abomination ^ »
L'idée panthéiste obséda fortement l'esprit d'Augustin. Il y revient à plusieurs reprises , et, pour peindre laforme que lui donnait son imagination, il se sert d'une comparaison bizarre, mais expressive :
* Confessions, livre vn, ch. 14.