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variété et de leur éclat, trahissent par ud tl*ait commun leur irrémédiable fragilité : ils ont des limites, ils passent et s écoulent. Comment pour* raient-ils satisfaire une âme qui se sent faite pour sentir, pour goûter, pour posséder la plénitude du bien ? Celui donc qui, pressé d'une secrète inquiétude, se détourne de la scène chan*geante de Tuniyers, et rentre en soi-même pour trouver dans son âme une existence plus solide et plus durable, qui désormais considérant toute chose de Tœil de la raison, s'attache à des objets de plus en plus simples, de plus en plus stables, et monte^ sans relâche et sans faiblesse, les degrés de cette échelle de perfection, incapable de s'arrêter et de trouver le repos, si ce n'est au sein d'une perfection absolue , d'une beauté sans souillure et sans tache, en un mot, de cette existence infinie qu'aucune limite ne borne, qu'aucune durée ne mesure, qu'aucun espace ne circonscrit, celui-là, suivant Platon, est le vrai dialecticien. Et qu'on ne s'imagine pas que la dialectique n'est qu'un élan passager de la pensée; c'est une méthode scientifique, susceptible d'une application rigoureuse et sévère ; c'est, au fond, la méthode de tous les grands métaphysiciens; mais tantôt elle est appliquée par un Platon, un Descartes, un Leibnitz, tantôt par un Plotin, un Spinoza, un Hegel; de sort€ qu'elle porte également dans ses flancs , 3elon qu'on en fait ou non un légitime
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usage, le spiritualisme le plus pur ou les illusions du panthéisme et du mysticisme* On conçoit , en effet, qu^une âme pénétrée d'un profond sentiment de la vanité des choses finies, et uniquement éprise de ce principe absolu et parfait auquel la dialectique aspire, on conçoit qu'à mesure qu'elle monte vers lui, elle s'imagine quitter le pur néant pour atteindre le seul être véritable, et qu'elle en vienne à dépouiller les objets qu'elle £d)andonne de toute la perfection, de toute la réalité qu'elle y peut saisir, pour la transporter tout entière à celui qui possède en propre l'être et la perfection, et qui contient tout en soi dans la plénitude de son existence absolue. Or, quand on quitte ainsi du premier pas la réalité sensible, l'individualité, l'espace, le mouvement et le temps, quand cet univers n'est plus qu'une vapeur légère à travers laquelle l'âme contemple l'être parfait et absolu dans sa majesté éternelle, ne touche-t-on pas au panthéisme, à ce panthéisme idéaliste et mystique, le plus noble de tous, et partant le plus séduisant pour une âme élevée?
C'est ainsi que ces nobles philosophes d'Alexandrie ont été entraînés à substituer au Dieu de Platon, à ce Dieu parfait en soi et qui se suffit à soi-même dans la possession de ses sublimes attributs, la pensée, l'amour, la félicité, à ce Dieu qui crée le monde, non par nécessité ou par ca-
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price, mais par une inspiration de sa bonté et sur un plan réglé par sa sagesse, à ce Dieu qui donne à Tâme humaine une étincelle de sa propre raison pour la guider à travers les épreuves de la vie, jusqu'au jour où il appellera à une possession plus complète de lui-même la créature responsable et libre, devenue digne d'une telle félicité ; à ce Dieu, les Alexandrins ont substitué leur Trinité fantastique, formée de trois hypostases inégales, dont la troisième, cette Ame universelle, à'oh émane nécessairement Tunivers, est elle-même une émanation nécessaire de la seconde, comme celle-ci l'est de la première, de sorte que tout ce système d'émanations nécessaires et éternelles est dominé par je ne sais quelle Unité inintelligible, étrangère à la con* science, à l'activité, à l'amour, à la félicité, à tous les actes de la vie, perfection creuse vers laquelle aspire l'âme abusée et qu'elle ne peut atteindre que par la mutilation de ses meilleures facultés, abtme ténébreux où toute existence distincte, toute aspiration raisonnable, toute vertu active, tout espoir d'immortalité véritable viennent s'engloutir.
Voilà entre Platon et Plotin, entre le bon et le mauvais platonisme, des différences capitales qui ont échappé à saint Augustin; pourquoi cela? c'est qu'il ne connaissait que faiblement les Ennéades. Aussi nops le voyons identifier la