LII INTRODUCTION
une série mémorable de chapitres de la Cité de Dieu *, il esquisse en grand et a>?ec une largeur de touche singulière les principes généraux où le platonisme et le christianisme viennent s'unir.
Les sages, dit-il ^, s'accordent à diviser la philosophie en trois parties : la Physique ou science de la nature, la Logique ou science de Tentendementy l'Éthique ou science des mœurs. Rien de plus légitime que cette division, à laquelle saint Augustin attribue une importance infinie. Ëtd'abord, elle correspond aux trois grands problèmes que l'homme se pose en face de l'univers et de luimême : Quelle est la cause première de tous ces êtres qui forment la nature? Où est la source de la connaissance et de la vérité? En quoi consiste le souverain bien, fin dernière de la vie? vastes problèmes dont les deux premiers embrassent toute la philosophie spéculative et le second toute la philosophie pratique ^.
Saint Augustin, creusant plus avant encore au fond de cette distinction et y retrouvant les trois objets éternels des aspirations humaines : l'Être, le Vrai, le Bien, remarque avec une subtile profondeur mêlée d'une émotion pieuse
' Cité de Dieu, livre vm, ch. 4-12.
• Livre viii, ch. 4 ; livre xi, ch. 25.
' Livre viii, ch. 3 et 4.