‹ Introduction à La cité de Dieu de Saint AugustinChapitre 38 sur 80 · LVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LVIII INTRODUCTION

la domine et la surpasse infiniment. Elle ne peut toutefois exister d*une manière abstraite. Qu'estelle donc, sinon la splendeur d*un principe plus caché , en sorte qu*au-dessus de la >?érité même, si sainte et si auguste qu'elle soit, il y a quelque chose de plus auguste encore et de plus saint , savoir TÈtre des êtres, l'Idée des idées, le Bien en soi, Dieu.

Tels sont les traits essentiels de la logique platonicienne. Saint Augustin, qui les a recueillis cent fois dans ses écrits, y recoanatt les lois éternelles de Tesprit humain : mépris du monde sensible, rappel de l'àme à elle-même, marche ascendante de la raison humaine vers le Verbe et du Verbe à Dieu par les idées et les vérités éternelles, il adopte tous ces principes, et, appuyé sur saint Paul et saint Jean,il les incorpore sans effort au dogme chrétien.

Nous avons vu combien la jeunesse de saint Augustin avait été fascinée par les impressions et les images du monde extérieur. Ce fut la cause réelle qui le fit persister si longtemps dans le manichéisme. La lecture des livres saints ne put Tarracher à ce joug. Il fallut Platon pour apprendre à saint Augustin que la sensation est si peu mesure du vrai que la première démarche d'une âme philosophique, c'est de quitter la région du visible pour rentrer en soi. Là seulement elle commence à trouver des notions claires

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