‹ Introduction à La cité de Dieu de Saint AugustinChapitre 40 sur 80 · LX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LX INTRODUCTION

argumenls des Académiciens ; je ne crains pas qu'ils me disent : Mais si vous vous trompez î — Si je me trompe, je suis; car celui qui n'est pas ne peut être trompé, et de cela même que je suis trompé, il résulte que je suis. Comment donc me puis-je tromper en croyant que je suis, du moment qu il est certain que je suis, si je suis trompé? Ainsi, puisque je serais toujours, moi qui serais trompé, quand il serait vrai que je me tromperais , il est indubitable que je ne puis me tromper, lorsque je crois que je suis. Il suit de là que, quand je connais que je connais , je ne me trompe pas non plus; car je connais que j'ai cette connaissance de la même manière que je connais que je suis. Lorsque J'aime ces deux choses, j*y en ajoute une troisième qui est mon amour, dont je ne suis pas moins assuré que des deux autres. Je ne me trompe pas, lorsque je pense aimer, ne pouvant me tromper touchant ce que j*aime; car alors même que ce que j'aime serait faux, il serait toujours vrai que je l'aime *. »

En lisant cette page subtile et profonde, ne la dirait-on pas empruntée à Descartes? Et ce n'est point ici une de ces pensées qu'une inspiration rapide et soudaine fait briller à l'esprit et qui se dissipent pour ne plus revenir. Saint Augustin a insisté plusieurs fois en ses

• Cité de Dieu, livre xi, ch. 26.

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