LXIV INTRODUCTION
donc cette lumière dont ma raison était éclairée, lorsqu'elle prononçait sans hésiter que ce qui est incapable de changement vaut mieux que ce qui en est capable, et d'où lui venait même la notion qu'elle avait de cette nature immuable qu elle n'aurait point mise , comme elle le faisait, au-dessus de tout ce qui est sujet à changer, si elle n'en avait eu quelque' idée; et enfin je parvins à découvrir ce qui est souverainement... » Mais avant de s'élancer en ces hautes régions de la raison pure, saint Augustin recommande, comme Platon, de s'éprouver par une culture assidue des sciences. Entre le monde sensible, région du réel, et le monde intelligible, région de l'idéal, il y a un intermédiaire, c'est le monde mathématique, région de l'abstraction.
En plusieurs passages de la Cité de Dieu^ saint Augustin fait ressortir l'excellence de la connaissance mathématique ' : partout il célèbre la puissance des nombres^; mais c'est dans les traités de V Ordre et delà Musique que saint Augustin parle desmathématicfues en vrai disciple de Philolaûs et de Platon. Il nomme vénérable et presque divine la philosophie pythagoricienne : « C'est, dit-il , après avoir recueilli les enseignements de cette philosophie, et conçu par la pensée les nom-
> Cité de Dieu y livre xi, ch. 29.
* Même oirvrage, livre xii, ch. 18.