INTRODUCTION. LXVII
elles seos'qui nous servent d'interprètes, pour les choses intelligibles, c'est la vérité intérieure que notre raison interroge. Tout ce que nous percevons, en efifet, nous le percevons ou par le sens corporel ou par l'âme ; l'un perçoit les choses sensibles, Vautre les choses intelligibles. Lorsqu'il s^agit en nos discours des choses que nous voyons par l'âme, c^est-ànlire piar l'intelligence et la rais€», nous exprimons au dehors ce qui nous apparaît au dedans à l'aide de cette lumière de la vérité dont l'être (^u'on appelle homme est éclairé. Mais celui qui m'écoute, s'il voit aiussi les mêmes choses du regard simple et secret de l'âme, les apprend réellement, non de mes paroles, m'ais de sa propre contemplation. Ce n'est pas moi qui, même en disant la vérité, la lui en*- ,seigne, puisqu'il la voit. Il est instruit, non par mes discours, mais par les choses mêmes, Dieu! tes dévoilant au dedans de lui ^ »
Saint Augustin ne se lasse pas d'invoquer cette doctrine toute platonicienne d'une raison universelle qui plane au-dessus de toutes les intelligences et les éclaire de ses rayons. C'est «omme un thème favori qu'il développe avec une l^ariété et une richesse inépuisables. Dans un de ses plus beaux dialogues, il dit à son interlocuteur Evode :
* De MagUhxi^ S. AugusH. Ot)p., tome i, p. 560.^