‹ Introduction à La cité de Dieu de Saint AugustinChapitre 45 sur 80 · LXVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXVIII INTRODUCTION

c( Tu ne nieras pas qu'il y ait une vérité immuable qui renferme en soi toutes les choses immuablement vraies et que lu ne peux dire, ni tienne , ni mienne, ni particulière à aucun homme , mais offerte et présente à tous, pour être comme une lumière à la fois secrète et publique. Peut-on dire en effet que tout ce qui apparaît semblable à tous ceux qui raisonnent appartienne en propre à la nature d'aucun d'eux? Tu te souviens, sans doute, de ce qui a été dit naguère sur les sens corporels, que les choses dont la perception nous est commune, les couleurs et les sons que toi et moi nous voyons, nous entendons en même temps, n'appartiennent pas à l'essence de nos yeux et de nos oreilles, mais nous sont communes par la sensation. De même les choses que toi et moi nous voyons en commun par l'esprit, tu ne peux dire qu'elles appartiennent à l'esprit de l'ain de nous. Ce que voient les yeux de deux personnes n'est dans les yeux. ni de l'une ni de l'autre-, c'est un objet supérieur où se rencontrent leurs regards. »

Cet objet n'est autre que la Raison. Saint Augustin, après l'avoir définie en philosophe, la dépeint et la chante en poëte : «... Elle n'écarte personne par Tencombrement de la foule, elle ne passe pas avec le temps, ne change pas de lieu, n'est pas interceptée par la nuit ou offusquée par l'ombre... De tous les points du monde, attirant

Page 1