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ceux qui la cherchent, elle est près d'eux; elle y est toujours; elle ne manque nulle part et jamais ; elle avertit en public, elle instruit en secret ; elle transforme en bien tous ceux qui la voient, et elle n'est changée en mal par personne *... »
« Vous êtes partout, Vérité étemelle, et du trône où vous présidez à toutes choses, vous répondez à tous ceux qui vous consultent, et vous leur répondez tout à la fois, quelque différentes que leurs consultations puissent être. Vous répondez toujours clairement, mais on ne vous entend pas toujours avec la même clarté. Chacun vous consulte sur ce qu'il lui plaît, mais vos réponses ne sont pas toujours conformes aux désirs et aux inclinations de chacun. Vos bons et fidèles serviteurs sont ceux qui, au lieu de vouloir que vous leur répondiez selon leurs désirs et leurs inclinations, ne cherchent qu'à les conformer à ce qu'il vous plaît de leur faire entendre ^. »
Voilà le côté psychologique de la théorie des idées, celui que saint Augustin a développé avec le plus de prédilection et d'éloquence, léguant à saint Anselme, àBossuet, àMalebranche, àFénelon , tout un héritage de vérités sublimes et de traits admirables que ces grands esprits sauront accroîtreencore. Saint Augustin est plus sobre et
* Du libre arbitre, livre ii, ch. 12. Comp. Cité de Dieu, livre X, ch. 2.
• Confessions^ livre x, ch. 25.
pluB court sur la théorie des idées considérée au point de vue ontologique, mais il n'est pa? moins pré(;is dans ses déclarations :
Il ,,A\ n'y a pas, dit^il dans de la Cité de Dieu g il n*y a pas plusieurs sagesses, mais une seule, en qui se trouvent ces trésors immenses et infinis où sont les raisons invisibles et im*^ muabjes de toutes les choses muables et visi*ble@ qu'elle a créées; car Ueu n'a rien fait sans connaissance, ce qui ne pourrait se dire avec justice du moindre artisan. Or, s'il a fait tout avec connaissance, il est hors de doute qu'il n'a fait que ce qu'il avait premièrement connu : d'où l'on peut tirer cetle conclusion merveilleuse, mais véritable, que nous ne connaîtrions point ce monde, s'il n'était, au lieu qu'il ne pourrait être, si Dieu ne le connaissait ^ »
Même doctrine dans les Confesaionsj où saint Augustin dit à Dieu :
a C'est parce que les choses que vous avez faites existent que nous les voyons; mais c'est parce que vous les voyez qu'elles existent^. »
« En vous , 6 mon Dieu 1 subsiste la cause stable et permanente de toutes les choses qui sont le plus sujettes à l'instabilité, l'origine immuable de toutes celles qui sont le plus sujettes au chan^
^ Cité de Dj^eu, livre xi, ch. 10.
* Cor^essions, livre xiii, ch. â8.
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gemeDt) les idée^ et leâ raisottd éterûèll^ et vivantes de toutes celles qui ont le moins de durée et qui sont mém^ privées de vie et de raison ^ y> Voici encore quelques passages tirés de divers écrits de saint Augustin, et qui réfléchissent manifestement ridéalisme du Timée :
ccLes idées sont les formes primordiales et comme les raisons immuables des choses; elles ne sont pas créées, elles sont éternelles et toujours les mêmes : elles sont contenues dans Tintelligence divine; et sans être sujettes à la naissance et à la mort, elles sont les types suivant lesquels est formé tout ce qui nah et meurt ^. »
« Que si les raisons des choses à créer et des choses créées sont contenues dans Tintelligence divine, et s'il n'y a rien dans riolelligence divine que d'éternel et d'immuable, les raisons des choses que Platon appelle des idées sont les vé*rites éternelles et immuables par la participation desquelles tout ce qui est est tel qu'il est '.»
Nous venons de suivre saint Augustin s'élevant avec Platon sur les degrés de l'échelle dialectique. Il a fui le monde sensible pour rentrer dans son âme, et là, il a trouvé la raison qui, l'élevant au-dessus de lui-même , l'a conduit au monde idéal et à la vérité éternelle qui en est le centre. Le
' . Confessions, livre i, ch. 6.
* De question, octog, trib., qu. 46.
• S. Aug. 0pp., tome VI, p. t7.
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voilà iif troduit dans cette science supérieure qui fournit leur principe à toutes les autres, je veux dire la science des choses divines, la métaphysique.
Accord de la philosophie platonicienne et du christianisme dans Tordre des problèmes métaphysiques.
Le premier problème que la métaphysique se propose, c'est celui de FeMStence de Dieu. Saint Augustin le résout en pur disciple de Platon. On peut faire d'excellents raisonnements pour confondre les athées, et Platon a parfaitement prouvé au dixième livre des Lois que l'athéisme est la négation du principe le plus simple et le plus évident de la raison, le principe de causalité; mais pour un vrai philosophe, l'existence de Dieu est une vérité si claire par elle-même qu'elle n'a pas besoin de démonstration. L'esprit, en effet , n'atteint pas Dieu comme la dernière conséquence de principes antérieurs. Il monte et s'élève à lui par un mouvement naturel et irrésistible, comme au principe de tous les principes.
Il y a pourtant deux degrés à distinguer dans ce mouvement ascendant de la raison : de même
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que le soleil du monde visible nous apparaît d'abord comme le foyer de la lumière, Dieu est pour nous, à un premier titre, la Vérité absolue, la vérité unique où toutes les vérités s'identifient, la raison universelle qui éclaire toutes les intelligences. Il est, dit Platon, le soleil du monde intelligible. Voilà son premier titre à nos adorations et à nos respects.
Mais le soleil matériel n* est pas seulement le foyer de la lumière; il est aussi la source de la chaleur et de la vie; de même Dieu n'est pas seulement le principe de Tintelligence et de l'intelligible, la raison et la vérité en soi; il est aussi le principe de l'être, V'Àée des idées, l'unité absolue, le bien en soi, en un mot la dernière racine de tout ce qui est.
Nous avons vu saint Augustin , dans les Confessions, s'élever vers Dieu à titre de vérité éternelle et de Veirbe incréé ; dans la Cité de Dieu^ il se place, avec Platon, à une hauteur plus sublime encore. Il démontre Dieu comme être des êtres, comme infiniment au-dessus des corps, audessus de l'âme, au-dessus de toutes les formes sensibles et intelligibles, en un mot, comme forme première et immuable de toute existence et de toute vie. Voici le chapitre tout entier, un des plus beaux de l'ouvrage, je parle de cette beauté sévère de la métaphysique, dont la précision et la vigueur sont les plus nobles attraits :