LXXIV INTRODUCTION
« Ces philosophes platoniciens ' , si justement supérieurs à tous les autres en gloire et en renommée ) ont compris que nul corps n'est Dieu» et c'est pourquoi ils ont cherché Dieu au-dessus de tous les corps. Ils ont également compris que tout ce qui est muable n'est pas le Dieu suprême, et c'est pourquoi ils ont cherché le Dieu suprême au-dessus de toute âme et de tout esprit sujet au cfacmgement. Ils ont compris enfin qu'en tout être muable, la forme ou l'essence qui le fait ce qu'il est , quels que soient sa nature et ses modes, ne peut venir que de celui qui est en vérité, parce qu'il est immuablement. Si donc vous considérez tour à tour le monde entier avec ses figures, ses qualités, ses mouvements réguliers et ses éléments qui embrassent dans leur harmonie le ciel» la terre et tous les êtres corporels, puis l'âme en général , tant celle qui maintient les parties du corps et le nourrit, comme dans les arbres , que celle qui donne en outre le sentiment, comme dans les animaux , et celle qui ajoute au sentiment la pensée , comme dans les hommes, et celle enfin qui n'a pas besoin de la faculté nutritive, et se borne à maintenir, sentir et penser, comme chez les anges, rien de tout cela, corps 'ou âme, ne peut tenir l'être que de celui qui est; car en lui, être n'est pas une chose,
^ Cité de Dieut livre viii, ch. 6.