‹ Introduction à La cité de Dieu de Saint AugustinChapitre 48 sur 80 · INTRODUCTION. LXXV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. LXXV

et Vvfve une autre, comme s'il pouvait être sans être vivant; et de même, la vie n'est pas en lui une chose et la pensée une autre , comme s'il pouvait vivre et vivre sans penser, et enfin la pensée en lui n'est pas une chose et le bonheur une autre, comme s'il pouvait penser et ne pas être heureux; mais pour lui, vivre, penser, être heureux , c'est simplement être. Or, ayant compris cette immutabilité et cette simplicité par*faites 9 les platoniciens ont vu que toutes les choses tiennent l'être de Dieu et que Dieu ne le tient d'aucun. Tout ce qui est, en effet, est corps ou âme, et il vaut mieux être àme que corps ; de plus, la forme du corps est sensible, celle de l'âme est intelligible; d'où ils ont conclu que la forme intelligible est supérieure à la forme sensible. Il faut entendre par sensible ce qui peut être saisi par la vue et le tact corporels, par intelligible, ce qui peut être atteint par le regard de TâmCt La beauté corporelle, en effet, soit qu'elle consiste dans l'état extérieur d'un corps, dans sa figure par exemple,, soit .dans son mouvement, comme cela se rencontre en musique, a pour véritable jugel'esprit. Or, cela serait impossible, s'il n'y avait point dans l'esprit une forme supérieure, indépendante de la grandeur, de la masse» du bruit des sons, de l'espace et du temps. Admettez maintenant que celte forme ne soit pas muable, comment tel homme jugerait-il mieux

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