LXXVI INTRODUCTIO>L
que tel autre des choses sensibles , le plus vif d'esprit mieux que le plus lent, le savant mieux que l'ignorant, l'homme exercé mieux que l'inculte, la même personne une fois cultivée mieux qu'avant de l'être ? Or, ce qui est susceptible de plus et de moins est muable; d'où ces savants et pénétrants philosophes, qui avaient fort approfondi ces matières, ont conclu avec raison que la forme première ne pouvait se rencontrer dans des êtres convaincus de mutabilité. Voyant donc que le corps et l'âme ont des formes plus ou moins belles et excellentes, et que, s'ils n'avaient point de forme, ils n'auraient point d'être, ils ont compris qu'il y a un être où se trouve la forme première et immuable, laquelle, à ce titre, n'est comparable avec aucune autre ; par suite, que là est le principe des choses, qui n'est fait par rien et par qui tout est fait. Et c'est ainsi que ce qui est connu de Dieu, Dieu lui-même l'a manifesté à ces philosophes, depuis que les profondeurs^ invisibles de son essence, sa vertu créatrice et sa divinité éternelle sont devenues visibles par ses ouvrages (Saint Paul, Rom. 1, 19, 20). »
Dieu est donc tout ensemble le principe de la vérité et le principe de l'être, l'unité primitive rendue visible à elle-même et à toute intelligence par cette splendeur de la raison éternelle qui est le caractère de son essence.
Mais pourquoi ce Dieu qui se manifeste éternel-