‹ Introduction à La cité de Dieu de Saint AugustinChapitre 5 sur 80 · TI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

TI INTRODUCTION

dears de sa puissance infinie. Avanl de vouloir et de faire le monde, il Ta donc pensé \ et, conune il a \u que cet ouvrage était bon» étant bon lui-même, il lui a donné Texistence et la vie^.

Mais ici s'élève de nouveau, plus obscur et plus pressant que jamais, Tinévitable problème : d'où vient le mal? Car si Dieu» premier et unique principe de toutes choses, est par essence le Bien, s'il n'entre en action que par bonté , si enfin il n'a créé l'univers qu'après l'avoir conçu comme digne de lui, c'est-à-dire comme bon, il semble impossible que le mal se rencontre en cette manifestation excellente d'un principe excellent.

Et cependant , le mal est dans le monde. Ne pouvant y avoir été mis par le Créateur, il faut qu'il vienne de la créature. Or, si nous essayons d'embrasser du regard l'ensemble des êtres qui peuplent l'univers, nous voyons qu'au-dessous de l'homme, toutes les natures sont invariablement bonnes, quoiquà des degrés différents^.

Les plus humbles de toutes, celles qui sont privées, non-seulement d'intelligence, mais de sentiment et de vie, contribuent toutefois par leur grandeur et leur simplicité immobiles à la beauté

' Livre xi, ch. 10 et ch. 29.

* Même livre, ch. 20-23.

• Livre v, ch. 11 ; livre xi, ch. 16, 17, 22.

INTRODUCTION. Vn

de la création*. D'autres, avec le don de l'existence, ont celui de Tactivité. Elles sortent d'un germe, s'épanouissent, communiquent la vie sans le savoir et sans le sentir, comme elles l'ont reçue, et périssent pour renaître sous des formes nouvelles dans une évolution sans fin. A ces aspects si riches de l'existence, joignez un attribut plus admirable encore, le sentiment, voilà un nouvel ordre de natures qui s'élèvent par degrés du sentiment à l'intelligence, et, depuis le chétif vermisseau jusqu'au lion superbe, font paraître de plus en plus la puissance du Créateur. Mais où elle éclate enfin tout entière, c'est dans ces natures supérieures faites pour entrer en partage avec le Verbe divin de son attribut le plus essentiel, la raison. Ici encore le bien a été départi à des degrés inégaux : l'âme humaine est formée à l'image de Dieu; mais l'étincelle de raison qui l'éclairé est emprisonnée dans des organes corporels. Il est d'autres natures, où brille en traits plus purs encore l'image du Créateur : ce sont les anges. Affranchis de toute entrave du corps et des sens, bien qu'ils aient le pouvoir de se manifester sous des formes visibles, ces êtres supérieurs ne sont que lumière, beauté, intelligence, amour ^ : il n'y a

' Livre jlu, ch. 4 et 5.

* Même livre, cb. 9.

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