‹ Introduction à La cité de Dieu de Saint AugustinChapitre 52 sur 80 · INTRODUCTION. LXXXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. LXXXI

de plus excellent ouvrier que Dieu, ni d'art plus efficace que sa parole, ni'de meilleure raison de la création que celle-ci : une œuvre bonne a été produite par un bon ouvrier. Platon apporte aussi cette même raison de la création du monde, et dit qu'il était juste qu'une œuvre bonne fût produite par un Dieu bon ; soit qu'il ait lu cela dans nos livres * , soit qu'il l'ait appris de ceux qui l'y avaient lu, soit que la force de son génie l'ait élevé de la connaissance des ouvrages visibles de Dieu à celle de ses grandeurs invisibles , soit enfin qu'il ait été instruit par ceux qui étaient parvenus à ces hautes vérités ^. »

Saint Augustin est si pleinement satisfait de cette explication platonicienne du pourquoi de la création, qu'il ne peut comprendre que certains théologiens, notamment Origène, osent la répudier. Il les réfute avec une vivacité extrême, et, pour achever de les réduire au silence, il leur demande si refuser de voir dans la sagesse et dans la bonté de Dieu la raison dernière de la création, ce n'est pas méconnaître le Dieu du christianisme, Dieu triple et un, qui agit nécessairement selon

' Voyez un autre passage fort considérable de la Cité de Dieu (livre Yiii, ch. 1 1 et 12), où saint Augustin reconnaît loyalement qu'il 8*est trompé en supposant que Platon a pu connaître la Bible, soit par un prétendu commerce avec Jérémie, soit par la lecture de la version des Septante.

• Cité de Dieu, livre xi, ch. 21.

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