LXXXII INTRODUCTION
ce qu*il est, c*est-à-dire tout à la fois comme essence, comme intelligence et comme amour.
Et en effet, dit-il, « lorsqu'à cette triple question : qui a fait le monde? par quel moyen ? pour quelle fin? on fait cette triple réponse : Dieu, par son Verbe, pour le bien, n'y a-t-il pas dans les mystiques profondeurs de ces vérités une manifestation de la Trinité divine, Père, Fils et Saint- Esprit'?»
Ici se pose une question nouvelle et pleine de périls, qui a souvent assiégé l'esprit de saint Augustin, et dont il a donné dans les Confessions et la Cité de Dieu une solution très-remarquable : c'est la question de l'éternité de la création.
Quand il expliquait si bien tout à l'heure comment Dieu a nécessairement dû connaître ses créatures avant de les produire , saint Augustin a rencontré une difficulté qu'il n'a pas résolue, et la voici : se peut-il concevoir qu'il y ait en Dieu, être éternel et immuable, un avant et un après? Saint Augustin a montré avec force que l'intelligence de Dieu, comme son essence, est étrangère aux vicissitudes du temps, que pour lui, prévoir, voir, revoir, c'est tout* un, et qu'il embrasse le présent, le passé et l'avenir d'un même regard immuable. Mais alors comment admettre que la création ait un commencement dans le temps,
> CUé de Dieu, même livre, ch. S3.