‹ Introduction à La cité de Dieu de Saint AugustinChapitre 54 sur 80 · INTRODUCTION. LXXXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. LXXXIII

c*est-à-^ire que Dieu ait passé à un certain moment du repos à l'action pour revenir ensuite au repos. N'est-ce pas le concevoir comme un être sujet au changement ? n'est-ce pas assimiler son activité à notre effort laborieux et ra- . baisser jusqu'à la créature la majesté avilie de l'éternel créateur?

Il n'y a pas de problème plus difficile en métaphysique; il n'y en a pas auquel saint Augustin ait plus réfléchi, et c'est pourquoi, sans s'écarter de son guide ordinaire , Platon , il a su laisser ici la vive empreinte de son propre génie.

Méditez tour à tour avec saint Augustin les deux alternatives que présente ce problème à la raison, d'une part : un Dieu éternel et immuable qui , à un moment déterminé, entre en action pour produire ce qui n'existait pas auparavant; de l'autre, un monde qui a toujours existé, une chaîne de siècles qui n'a pas de premier anneau, une création coéternelle au créateur, plus vous y penserez et plus votre esprit s'épouvantera d'être forcé de choisir entre deux conceptions qui paraissent également hérissées de difficultés insolubles. J'ose dire qu'il n'y a pas un philosophe qui n'ait cru , au moins par instants, ce qu'Emmanuel Eant a systématiquement professé, savoir que le problème de l'éternité de la création renferme une de ces antinomies qui seront toujours recueil de la métaphysique.

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