‹ Introduction à La cité de Dieu de Saint AugustinChapitre 55 sur 80 · LXXXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXXXIV INTRODUCTION

Saint Augustin a parfaitement connu les difficultés et les périls de chacune des deux alternatives contraires. — On demande quelquefois, ditil S ce que Dieu faisait avant de faire le ciel et la terre ?Laquestion est très-sérieuse et je n'imiterai pas celui qui, n'ayant rien à répondre, se tira d'affaire par cette plaisanterie que Dieu, avant de créer le monde, s'occupait à préparer des châtiments pour les esprits trop curieux. Le mot est plus ou moins piquant, mais la question subsiste. A mesure qu'on pense davantage à Dieu, on reconnaît mieux qu'un des caractères les plus essentiels de sa nature, c'est l'immutabilité. Par là il se distingue profondément de tout ce qui n'est pas lui. Parfait en soi et se suffisant pleinementà soi-même, il n'y a en son être ni variation, ni changement. Passer du repos à l'action, et de l'action au repos, c*est le propre d'une nature imparfaite qui tend avec effort vers une perfection plus grande, se fatigue et reprend haleine pour recommencer. En Dieu, rien de semblable : sa volonté doit^tre immuable comme son essence, et au lieu de se répandre comme la nôtre en une série d'efforts successifs, elle se concentre en un acte simple, unique, éternel.

Dès lors, poursuit le théologien philosophe, quand il est dit que Dieu se reposa le septième

^ Confessions y livre xi, ch. 12.

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