INTRODUCTION. LXXXV
jour, il ne faut voir là qu'une expression humaine et symbolique *. De même, les jours de la création marquent la hiérarchie des êtres et les époques successives de leur apparition sur la face du monde; mais l'action de Dieu ne se déconàpose pas en époques. Elle est une , puisqu'elle est parfaite. Comment donc se peut-il comprendre que, pendant une suite infinie de siècles, Dieu n'ait pas agi ?
Ici saint Augustin rencontre les philosophes de l'école d'Alexandrie, les Plotin, les Porphyre, les Jamblique, qui, pénétrés du principe de l'immutabilité divine , en avaient déduit l'éternité de la création. Saint Augustin ne peut consentir à s'associer à une telle doctrine, mais il est trop pénétrant et trop loyal pour la confondre avec celle des matérialistes épicuriens qui soutenaient que les formes seules du monde changent, mais que la matière, les atomes, existent éternellement et par eux-mêmes. Pour ces philosophes, le monde est incréé, il n'y a pas de créateur; la question de la création n'existe pas. L'erreur des philosophes d'Alexandrie est d'un ordre plus relevé : ils admettent que le monde ne se suffit pas à luimême et qu'il est l'ouvrage de Dieu; seulement, ils refusent de croire que le monde ait commencé et voient en lui la manifestation étemelle de l'éternelle Activité.
' Cité de Dieu, livre ii, cb. 8 et 31.