LXXXVI INTRODUCTION
Saint Augustin ne consent pas à discuter longuement avec les disciples d'Épicure : k ...Sans invoquer, dit-il, les témoignages des prophètes, le monde même proclame en silence, par ses révolutions si régulières et par la beauté de toutes les choses visibles, qu'il a été créé et qu'il n'a pu l'être que par un Dieu dont la grandeur et la beauté sont invisibles et ineffables. » Voilà pour les matérialistes; mais, ajoute saint Augustin, «quantàceux qui, tout en avouant que le monde est l'ouvrage de Dieu, ne veulent pas lui reconnaître un commencement de durée, mais un simple commencement de création, ce qui se terminerait à dire d'une façon presque inintelligible que le monde a toujours été fait, ils semblent, à la vérité, mettre par là Dieu à couvert d'une témérité fortuite, et empêcher qu'onjie croie qu'il ne lui soit venu tout d'un coup quelque chose en l'esprit qu'il n'avait pas auparavant, c'est-à-dire une volonté muable de créer le monde, à lui, qui est incapable de tout changement ; mais je ne vois pas comment cette opinion peut subsister à d'autres égards ^ »
En effet, suivez l'enchaînement nécessaire des conséquences : si vous admettez que le monde est infini quant à la durée, il faudra nécessairement admettre qu'il est infini quant à l'étendue. Au-
* Cité de DieUj livre xi, ch. 4.