XCIV INTRODUCTION
Il faut donc dire avec Platon que le monde et le temps ont été créés ensemble par l'ouvrier éternel. Dieu précède te monde, non d'une priorité de temps, car alors il lui serait analogue, mais d'une priorité de nature et d'essence *.
Ici saint Augustin se fait une objection : comment Dieu a-t-ii toujours été Seigneur, c'est-àdire comment Dieu a-t-il toujours été adoré, s'il n'y a pas toujours eu des créatures ?
Saint Augustin ne peut consentir à abandonner ce principe que Dieu a toujours eu la qualité de Seigneur et qu'il a toujours été adoré. S'il en était autrement^ en effet, la qualité de Seigneur serait donc une nouveauté en Dieu, au moment où il commencerait à être adoré. Mais, d'un autre côté, admettra-t-on que le genre humain ait toujours existé? Évidemment nul chrétien ne l'admettra, et d'ailleurs, autorité à part, la raison est d'accord avec la Gemse pour renverser cette hypothèse de certains philosophes qui admettaient je ne sais quelles révolutions de siècles reproduisant et ramenant sans cesse les mêmes êtres, le genre humain comme tout le reste ^.
La raison et la foi reconnaissent donc qu'il y a un premier homme , bien que cette apparition d'un être nouveau dans le temps renferme un mystère profond et soit bien difficile à concilier
> Même ouvrage, livre xii, cb. 20.
* Cité de Dieu, livre tlu, ch. 13.