‹ Introduction à La cité de Dieu de Saint AugustinChapitre 66 sur 80 · INTRODUCTION. XCIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XCIX

Si, dans ce beau passage, Platon parie du mal, il n'entend pas un mal effectif et absolu, mais un mal purement relatif. Car c'est sa doctrine partout déclarée et qui s'est transmise à toute son école que le bien seul est positif, tandis que le mal n'existe que négativement.

Saint Augustin est encore ici tout pénétré de Platon, et on sent qu'il s'estime heureux de concilier sans violence les ins-piralions révérées du grand philosophe avec la doctrine expresse du christianisme :

« Il n'y a, dit-il, aucune nature mauvaise et le mal n'est qu'une privation du bien; mais depuis les choses de la terre jusqu'à celles du ciel, depuis les visibles jùsqulaux invisibles, il en est qui sont meilleures les unes que les autres, et leur existence à toutes tient essentiellement à leur inégalité. Or, Dieu n'est pas moins grand dans les petites choses que dans les grandes ; car il ne faut pas mesurer les petites par leur grandeur naturelle, qui est presque nulle, mais par la sagesse de leur auteur. C'est ainsi qu'en rasant un sourcil à un homme, on ôterait fort peu de son corps, mais on ôterait beaucoup de sa beauté, parce que la beauté du corps ne consiste pas dans la grandeur de ses membres, mais dans leur proportion *. »

. * CitédeDieUj livre xi, ch. 22.

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