‹ Introduction à La cité de Dieu de Saint AugustinChapitre 67 sur 80 · C INTRODUCTION · texte numérisé non relu

C INTRODUCTION

L'homme a coutume de juger les choses par rapport à lui, et alors il troui^e dans Tunivers une foule de choses mauvaises :

« On ne remarque pas combien ces choses sont excellentes dans leur essence et dans la place qu'elles occupent, avec quel art admirable elles sont ordonnées , à quel point elles contribuent, chacune en particulier, à la beauté de l'univers et quels avantages elles nous apportent, quand nous savons en bien user; en sorte que les poisons même deviennent des remèdes, étant employés à propos, et qu'au contraire les choses qui nous flattent le plus, comme la lumière, le boire et le manger, sont nuisibles par l'usage qu'on en fait. La divine Providence nous avertît par là de ne pas blâmer témérairement ses ouvrages, mais d'en rechercher soigneusement l'utilité, et lorsque notre intelligence se*trouve en défaut, de croire que ces choses sont cachées comme l'étaient plusieurs autres que nous avons eu peine à découvrir. Si Dieu permet qu'elles soient cachées, c'est pour exercer notre humilité et pour abaisser notre orgueil '.

(( Condamner les défauts des bêtes, des arbres et des autres choses muables et mortelles, privées d'intelligence, de sentiment ou de vie, sous prétexte que ces défauts les rendent sujettes à se

^ Même livre, même chapitre.

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