INTRODUCTION. IX
sa beauté, il s'est cru Tégal 'de Dieu, et a voulu se rendre indépendant de son principe pour être à lui-même son principe et son dieu.
L'amour de soi Ta conduit à l'orgueil, et l'orgueil à la révolte. Le voilà séparé de Dieu, c'està-dire des sources mêmes de l'être et de la vie , gardant encore quelques restes de sa grandeur première, mais corrompu dans le fond de sa volonté, orgueilleux, plein d'envie et de haine, méchant et malheureux. '
Satan n'est pas tombé seul; il a entraîné dans sa chute tous ceux d'entre les anges qui ont préféré comme lui s'aimer et s'adorer euxmêmes que de rester unis à Dieu : « Tandis que les uns, attachés au Bien qui leur est commun à tous, lequel n'est autre que Dieu même, se maintiennent dans sa vérité, dans son éternité, dans sa charité, les autres, trop charmés de leur propre puissance, comme s'ils étaient à euxmêmes leur propre bien, de la hauteur du Bien suprême et universel, source unique de la béatitude, sont tombés dans leur bien particulier, et, remplaçant par une élévation fastueuse la gloire éminente de l'éternité, par une vanité pleine d'astuce la solide vérité, par l'esprit de faction qui divise , la charité qui unit, ils sont devenus superbes, fallacieux, rongés d'envie. Quelle est donc la cause de la béatitude des premiers? leur union avec Dieu; et celle au cori-