‹ Introduction à La cité de Dieu de Saint AugustinChapitre 72 sur 80 · INTRODUCTION. CXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. CXIII

corps mortels, d*ajouter à Tàme humaine tout ce qui lui manquait, et de diriger, autant que possible, cet animal mortel dans la voie la meilleure et la plus sage , à moins qu*il ne devienne luimême l'artisan de son malheur ^ »

L*homme a donc été créé libre et respbnsable : fait pour le ciel, il peut s'abaisser vers la terre; maître de ses passions , il en peut devenir l'esclave, et il est l'artisan de son malheur comme de sa félicité. Aussi, dans ce beau mythe de la République où la philosophie cache sous un voile transparent ses vérités les plus saintes, quand Platon nous représente la première des trois Parques distribuant aux âmes, sur le seuil de la vie, leurs conditions futures et laissant à chacune le choix de sa destinée , voici le discours qu'il place dans la bouche de la vierge Lachésis :

« Ames passagères, vous ne devez point échoir en partage à un génie; vous choisirez vousmême chacune le vôtre... La vertu n'a point de maître : elle s'attache à qui l'honore et abandonne qui la néglige; on est responsable de son choix : Dieu est innocent ^. »

Est-ce à dire que Dieu abandonne l'homme à sa destinée et le laisse se précipiter à son gré dans le mal et porter le désordre au sein de l'univers? Telle n'est point la pensée de Platon. Dieu permet

' nmée, p. 140.

* République, livre x.

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