I. — Proposition inverse du théorème de Pappcs
433. Un quadrilatère étant circonscrit à une conique, le produit des distances de deux sommets opposés, à une cinquième tangente quelconque, est dans un rapport constant avec le produit analogue, relatif aux deux autres sommets du quadrilatère (fig- 128).
Soit ABGD le quadrilatère circonscrit à la conique que nous supposerons, pour fixer les idées, être une ellipse rapportée à ses axes. Soient a, b, c, d les points de contact du quadrilatère, et m celui de la cinquième tangente : pour comparer le théorème ad quatuor lineas avec celui que nous voulons démontrer, il faut considérer d'un côté la distance mp = d du point m à ad, polaire de À, et de l'autre côté la distance AP == A du point A à la tangente mP, polaire de m.
Soient xety les coordonnées du point A, x K et/ t celles du point m; nous cherchons d'abord ô. Or ad étant polaire de A, nous avons
* Jï a 7 y J ' y x a*yy { -\- b 2 xx t — a 2 b 2
b*x 2 ~~ ja\r*-hb 4 x*
De même, raP étant tangente en m, la distance AP aura pour
expression
a?yy x -f- b 2 x x x — r/ 7 b 7
d'où Ton tire,
en indiquant les radicaux parp et p,.
AUTRES PROPRIÉTÉS DES CONIQUES. 22iJ
Soient x" , y" les ordonnées du sommet C, opposé à A; on ' aura de même
â " - <" d'où U " - Pï
De même, soient x', y' et x", y m les coordonnées des deux autres sommets B et D, nous trouverons aussi
A p p Cela posé,
33" . AA" __ p>
ô' <T : AA'" ~ pp" '
Mais, d'après le théorème de Pappus (406), le rapport -^-r^
est indépendant de la position du point m : le second membre
A A" Test aussi, puisque la quantité pf a disparu; donc v -y„ sera
encore indépendant de la position du point m.
434. Ce rapport constant est égal à celui que Von trouverait en remplaçant la cinquième tangente par un foyer de la conique.
Soit y=ax.-{-$ l'équation d'une tangente quelconque, le rapport précédent a pour expression
. (y— ocx — $){y" — <xx" — ft ) r ~~ (y' — olx'— j3)(j'" — <xx"'— (3)'
On sait qu'un foyer de la courbe peut être considéré comme lô point de concours de deux tangentes, représentées par
Or, le rapport constant, pris relativement à l'une de ces tangentes, a pour expression
r = [r— v^ (* —c)][r"—J- zH*"— c )] .
[y>-sl-l(x'-c)}[f>—sl-l{x"' — C)}
L'autre tangente donne un résultat identique, saufle signe du
v Ut «:hamtrl Vf ii.
radical ; donc, multipliant ces deux valeurs de r, il reste
'•o qui démontre la proposition. D est clair que la valeur de r est la même pour les deux foyers.
435. application au triangle. — Concevons que le point D se rapproche de la courbe et unisse par faire un point de contact qui se réunisse avec cet d; le quadrilatère se réduira au triangle circonscrit ABC, mais le théorème deviendra :
Un triangle étant circonscrit à une conique, le produit des distances d'une tangente quelconque à deux sommets est dans un rapport constant avec le produit des distances de cette tangente au troisième sommet et au point de contact du côté opposé à ce sommet:
La valeur de ce rapport s'apprécie toujours en remplaçant la tangente quelconque par un foyer.