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goutte de boue figée qu'est notre terre parmi l'effroyable immensité des mondes, et de la sorte, leur apprendrait à estimer l'importance de bien des choses < du point de vue de Sirius », comme disait Renan. En leur montrant que rien ne nous permet de croire à la réalité objective du monde extérieur, et combien il nous est à jamais impossible de rien connaître en soi, il les préserverait d'un orgueilleux et grossier matérialisme ; tandis que, par la comparaison d'un grand nombre de nos connaissances historiques et scientifiques, il les détournerait d'adopter les conceptions par trop enfantines du monde. Ne doutez pas que le niveau moral de la profession n'en fût singulièrement élevé. Tout ce noble savoir procurerait à nos esprits un dédain de l'action irréfléchie, un amour moins aveugle du lucre, un pur orgueil de notre dignité, la conscience exacte de notre force, malgré la modicité de nos moyens.
Songez à tout ce qu'il nous faudrait de mérite pour mener à bien nos innombrables et si diverses fonctions dans la société d'aujourd'hui I
Un jury no peut plus guère condamner sans prendre notre avis sur l'état mental de l'inculpé. Nul philosophe, n'écrira plus l'histoire du langage, de la volonté, de la mémoire, des émotions ou des passions humaines sans consulter les maîtres de la neurologie. De même, le plus savant critique de l'histoire ne saurait comprendre les prophètes, les pythonisses, les démoniaques, la sorcière, tous les miracles, tout le surnaturel, s'il n'a passé par la
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Salpêtrifere. On a pris noire avis avant de laïciser Thôpital, et Ton a cru complaire à la science en supprimant Dieu de l'école, ce qui n'allait pas sans efii'ayer un peu le bon Littré*. On ne peut même plus bâtir une maison, aménager les eaux potables et les égouts, élever des enfants, entraîner des soldats, sans les conseils de nos hygiénistes. Les sculpteurs et les peintres apprennent de nous l'anatomie ; nous avons vu toute une école de romanciers se réclamer de Claude Bernard autant que de Balzac, et nous entrevoyons une critique d'art résultant de la collaboration d'un artiste pour la partie technique et d'un physiologiste pour la partie psychologique, pour l'analyse du cerveau dont l'œuvre n'est qu'un geste. Un jour viendra où nous résoudrons une bonne moitié de la question qu'on nomme sociale : quand les pauvres auront compris qu'un orateur de réunion publique ' ne
(1) Dans son admirable discours à l'Académie française en réponse a Pasteur, Renan a écrit les lignes que voici : « Dans ses dernières années Littré vit la forme du gouvernement pour laquelle il avait toujours combattu devenir une réalité. Vous croyez peut-ôtre qu'il va triompher... Le lendemain de sa victoire Littré est plus modeste que jamais. H aTair de redouter son succès; il ne se repent pas, mais il devient le sage accompli ; il se fait le conseiller, le modérateur de ses compagnons de lutte, si bien que les esprits superficiels cessent de le comprendre, et peu s'en fallut qu'il ne fût aussi appelé traître à son |our. U vit juste ; car il vit la solution suprême des problèmes de la politique contemporaine dans la liberté, non dans cette collision puérile où. chacun invoque à son profit un principe dont il est bien décidé à ne pas faire profiter les autres... » Bien d'autres bons esprits scientifiques, tout en comprenant la grandeur de l'œuvre de Jules Ferry couvrant le sol de la France d'écoles comme on Tavait couvert d'églises au moyen âge, ont jugé bien prompte, bien brusque, bien radicale, la laïcisation de l'école (voir plus loin, chap. ii, p. 94).
(2) Pendant l'aimée 1892, le comité socialiste révolutionnaire de Paris a entendu plusieurs conférences d'hygiène pratique faites par quelquesuns de nos plus éminents confrères parmi lesquels le regretté Dujardin-
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met on eux que d'inutiles haines, peut-être écouterontils le médecin qui viendra chez eux leur apprendre la crainte de l'alcool, l'amour du logis propre, la régularité des heures pour le travail et le repos, la crainte do l'oisiveté, et la science de préserver ses enfants des microbes, la science de moins mourir et de mieux vivre... La sociologie ne s'est constituée que du jour où l'on s'est avisé de comparer l'organisme social à l'organisme humain et d'en faire la physiologie. La politique léguée par Gambetta à ses disciples, la politique constamment, lentement progressive, à la façon de toute la nature, ne prétend être que la méthode des sciences appliquée à l'art de mener les peuples. Quelle sagesse ne nous faudrait-il pas pour servir ainsi et de tant de façons d'édu^ cateurs aux hommes i
En attendant qu'on se décide à organiser l'enseignement que je réclame et pour lequel un Jules Soury, par exemple, serait tout désigné, je me suis efforcé de grouper dans ce livre quelques-unes des idées capitales mises en circulation, depuis quelques années, par des médecins éminents, et principalement par ceux qui se sont occupés du système nerveux et de ses maladies. Cependant que le monde, assez mal éclairé, s'enthousiasmait unique
Beaumetz, le professeur Gautier et le maître accoucheur P. Budin. On ne sait trop pourquoi cette tentative n*a pas été renouvelée. Sans doute rheure n'est pas encore venue où les travailleurs des grandes villes un peu désabusés de la politique qui les enivre encore, consentiront u écouter la voix amie de ceux qui leur enseigneront les règles pour bien vivre, physiquement et moralement.