‹ Introduction à la méthode sociologiquecChapitre 10 sur 58 · CHAPITRÉ IV · texte numérisé non relu

CHAPITRÉ IV

Le fait social.

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L’homme est à lui-même le plus prodigieux obde la nature,

Pascal.

Connaissant les principales conditions d’une étude scientifique des phénomènes sociaux, nous pouvons pénétrer plus avant et définir exactement l’objet de notre étude.

La science sociale ou sociologie a pour objet l’étude scientifique des phénomènes sociaux, la recherche de leurs causes et de leurs effets, des rapports constants et déterminés qui existent entre eux. Dépassant le cercle de l’individu, de la famille, de la profession, de la région, elle s’attache à l’étude, par la méthode d’observation, de chaque société déterminée, considérée dans son ensemble comme un organisme vivant, éprouvant

LE FAIT SOCIAL

certains besoins propres pour se former, se développer et se maintenir. Comme toute science d’observation, elle recourt successivement aux trois procédés usuels, l’analyse, la comparaison, la classification ; elle observe et enregistre, sans juger, ni apprécier, uniquement soucieuse de coordonner, de rattacher et d’expliquer. On pourrait encore la définir la science des lois qui régissent la vie des sociétés humaines et président à leur naissance, à leur développement et à leur déclin. Elle s’appuie sur cette constatation première que l’individu,, la famille, la profession, la région, si conscients et si soucieux soient-ils de leur individualité et de leur autonomie, sont pourtant immergés et comme baignés dans une collectivité plus large qui subit, quoi qu’ils puissent prétendre, la répercussion de leurs actes, et qui exerce aussi sur eux une action incessante ; iis vivent en elle, mais elle ne vit que par eux. C’est ce cornplexus social que la sociologie se propose d’étudier.

Aussitôt une difficile question se pose devant nous r que faut-il entendre par fait social,^ Comme l’a très bien noté M. Simmel en une excellente page, « les sciences,, en voie de formation, ont le privilège médiocrement enviable de servir comme d*un asile provisoire à tous les problèmes qui flottent dans l’air, sans avoir trouvé leur véritable place. Par l’indétermination et l’accès facile de leurs frontières, elles attirent tous les « sans patrie >i de la science, jusqu’à ce qu’elles aient pris assez de force pour rejeter hors d’elles tous ces éléments étrangers : l’opération est parfois cruelle, mais elle épargne bien des déceptions pour l’avenir ». ^

La sociologie, science nouvelle, n’a pas échappé à cette

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