‹ Introduction à la minéralogieChapitre 3 sur 29 · MINÉRALOGIE SCIENTIFIQUE · texte numérisé non relu

MINÉRALOGIE SCIENTIFIQUE

ART. J, DEFINITION DES MINÉRAUX, CE QUI LES DISTINGUE DES AUTRES CORPS DE LA NATURE.

La première connoissance à acquérir, c'est de déterminer nettement en quoi un corps inorganisé diffère d’un corps organisé, et par conséquent ce qui distingue les minéraux ou corps bruts, des animaux et des végétaux ou corps vivans ; ensuite de développer les propriétés caractéristiques qui établissent ces différences ; enfin d'examiner quelles sont les autres propriétés ou particulières aux minéraux, ou communes à un grand nombre d’entre eux.

Les différences qui distinguent les corps inorganisés des corps organisés ou vivans, se tirent de leur structure , et surtout de leur manière de se former et de croître.

Dans les corps organisés, les parties qui composent l’éfre ou le tout sont dissemblables et différentesles unes des autres par

? 4 leur forme, leur nature, leur arrangement, et par beaucoup d'autres propriétés ; aucune de ces parties n’est complètement semblable au tout qu’elles composent. Les matières qui concourent à l'accroissement du tout sont transportées dans son intérieur par des organes qui ont la propriété de les modifier, de les charrier dans toutes les parties des corps organisés, de les assimiler à ces parties, et de concourir ainsi à leur croissance du dedans en dehors; l’augmentalion vient nécessairement de l’intérieur. Il existe donc dans les corps organisés une action ou circulation intérieure qui les distingue ‘essentiellement des corps bruts. Ce mode de croitre, propre aux êtresvivans, s'appelle, comme on le sait, intus-susceplion.

Ainsi les corps organisés ou vivans sont composés de parties dissimilaires , et croissent par intus-susceplion.

Nous n’insistons pas davantage sur les caractères essentiels de ces corps : ils sont développés dans tous les ouvrages d'Histoire naturelle générale, de zoologie , de physiologie, etc.; et d’ailleurs les caractères opposés des corps inorganisés, les feront mieux ressortir.

Les corps bruts ou inorganisés, dont les minéraux font la plus grande partie, qui sont les élémens de tous les autres, ne présentent dans leur structure intime aucune partie dissemblable, ne montrent dans l'intérieur de leur masse aucun de ces appareils qu'on nomme organe; chaque partie est exactement semblable au tout. Ce tout n’est donc luimême qu’une masse résultante de l’aggrégation des parties similaires qui s'appliquent par une force de cohésion à l'extérieur.

Un corps, ou plutôt une masse inorganique , est donc composé de parties similaires (1), et croit par juxta-position.

Il y a entre les corps inorganisés et les corps organisés une autre différence assez remarquable, quoiqu'’elle soit moins déterminée, moins absolue, et qu’elle ne nous semble même pas essentiellement distinctive de ces deux classes de corps; mais ellese présente si fréquemment , elle est surtout si exclusive lorsqu'on la considère dans les corps organisés, qu'on

() Il ne faut pas prenüre les parties dissemblables dont sont composés les miNÉRAUX MÉLANGÉS pour des molécules dissimilaires,

rm. SN

doit la placer au moins en seconde ligne. Cette différence est celle qui se montre entre les formes extérieures des us organisés, et celles des corps inorganisés. b

Dans les premiers toutes les formessont arrondies au moins dans un sens , c’est-à-dire cylindroides. On n’y voit jamais ni arête vive, ni angle solide déterminable et constant, rarement y trouve-t-on quelques faces planes, et même ne le sont-elles que partiellement, imparfaitement et passagèérement.

Dans les corps inorganiques, dans ceux qui seuls doivent être considérés comme un tout, une unité complète et terminée, et non comme une association grossière de plusieurs unités, les formes sont angulaires , les faces sont souvent parfaitement plates, les arêtes rectilignes, et les angles solides bien déterminés et d’une valeur constante.

Quand ces corps prennent des formes arrondies , ce qui est une exception rare et même limitée à un petit nombre d’espèces, cela tient ou à des circonstances particulières propres à certains cas, comme dans les diamans, les calcaires ferrifères et magnésiens, etc., ou bien à ce que ce sont des aggrégations grossières de plusieurs unités, ou parties indépendantes; tel est le cas des stalactites, des hématites et de toutes les concrétions. tree

Mais si les formes arrondies peuvent quelquefois se présenter dans le règne inorganique, l’inverse n’est pas vrai, et les formes angulaires sont absolument étrangères aux corps organisés; car il ne faut pas regarder comme formes angulaires les tiges prismatiques de quelques végétaux, les graines polygones, etc., ni comme corps organiques les matières cristallines, même de composition animale ou végétale, qui peuvent se trouver dans ces corps, tels que le cétin, l’acide urique , le sucre, le camphre, etc. Ces corps sont de vrais corps inorganiques d’origine animale ou végétale , analogues par leur manière de se former et de croitre aux corps inorganiques minéraux ; ils n’en diffèrent que par leur composition chimique.

Il résulte de ces définitions et des distinctions qu’elles établissent, une conséquence assez importante pour la métaphysique de la minéralogie, c’est celle qui est relative à l’indi. vidu.

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