L'altération par les réactifs
$. 1. Action sur les sens.
1. La saveur offre un caractère tellement propre à certains corpsqueles chimistes quiont acquis l'habitude de l’employer, ne se méprennent jamais sur la nature des corps qu'ils cherchent à déterminer par ce moyen. Il est inhérent à leur na-
iure, et l'emporte de beaucoup à cet égard sur la couleur; mais il en est de ce caractère comme de tous ceux qui ne peuvent être mesurés par des instrumens ; nos sens nous donnent les moyens de les percevoir, mais ces moyens sont individuels, et nous ne pouvons définir, ayec assez de précision pour les transmettre, les différences que nous remarquons.
La saveur a encore un autreavantagesurles autres caractères chimiques, c'est qu’elle se manifeste, sans aucune altération de la part des corps. Il suflit que ces corps soient dissolubles, ou seulementsusceptibles dese combineravecles matières salines de la salive pour devenir sensibles : de là la saveur variée du cuivre, du fer, du zinc, de l’étain, saveurs assez différentes pour faire reconnoitre ces métaux avec certitude par les personnes qui ont acquis l'habitude de les éprouver ainsi.
Mais c’est dans les substances liquides, telles que les eaux minérales, dans les substances dissolubles dans Feau, telles que les sels, suivant l’acception ancienne et vulgaire de ce mot , que ce caractère est et plus sensible et plus distinctif.
On a cherché à établir quelques divisions dans les différentes saveurs, appliquées aux seuls corps qu’on trouve naturellement. On peut les réduire aux suivantes :
Métallique. — Les métaux et quelques oxides.
Astringente. — Le fer sulfaté.
Styptique. — Le cuivre sulfaté.
Salée. — La soude muriatée.
Fraîche. — Lenitre.
Améère. — La magnésie sulfatée.
Acide. — L’alun.
Alcaline. — Le natron.
11. L’oneur. Elle est tantôt propre au minéral et dueàsa volatilisation entière : dans ce cas elle pourroit, comme la saveur, le faire reconnoître pour ce qu'il est, sans qu'on ait besoin d’avoir recours à d’autres propriétés; mais ce caractère , comme celui de la saveur, est indéfinissable , et pour ainsi dire individuel. D'ailleurs il est rare qu'il se manifeste de lui-même dans les minéraux, et sans le secours de la chaleur, du choc, du frottement, ou de quelque autre moyen
qui font éprouver au corps examiné un commencement de décomposition, ou qui ne font counoitre qu'un des principes de ce corps, souvent même étranger à sa composition essentielle.
Les caractères pris de l'odeur se manifestent donc par trois moyens.
1.° Par l’action de la chaleur qui tantôt, en volatilisant le corps sans décomposition , lui fait développer son odeur caractéristique ; ce cas est assez commun , et le caractère qui en résulte est de première valeur. Le soufre, l’arsenic , l’antimoine, le tellure, le phosphore, le chlore, l'hydrogène, le bitume, répandent chacun une odeur particulière qui ne permet pas de les méconnoitre.