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MYTHOLOGIE PRIMITIVE DES GRECS

chez eux la religion commune et non celle des mystères ; que les poètes postérieurs à Homère, gnomiques et tragiques, ne le méritent pas, sont plutôt pessimistes en bien des endroits, et qu'enfin la philosophie grecque a pris dans l'une de ses plus importantes écoles, dans le platonisme, une direction opposée aux cultes populaires, et qui avait elle-même ses précédents et a porté de grandes conséquences.

La mythologie grecque, aussi obscure autrefois dans ses principes que vulgarisée dans ses productions innombrables, est enfin sortie des hypolhèses et des systèmes pour devenir un véritable objet de science. Les recherches, les découvertes brillantes et inespérées de la philologie comparée ont fait connaiire à la fois Tesprit général, les procédés constants et quelques sources premières de cette création mythologique, commune à tant de peuples, et que l'imagination libre des Hellènes s'est plue à broder et à varier de mille manières. Tout n'est pas dit encore, une mine si riche n'est ouverte que d'bier, et il faut que l'analyse reprenne par le détail ce que jadis la poésie prodigua; mais la méthode est fixée, les principes sont assurés. La raison de l'homme a fait ce merveilleux effort de lui restituer le sens de ses instincts perdus. Quand nous nous mettons en présence des produits mythiques et légendaires des nations aryennes, produits aujourd'hui si accumulés et qui se trouvent offrir partout de sensibles, d'irrécusables affinités; quand la clef avec laquelle on y pénètre pour les rapprocher nous est donnée, c'est-à-dire une fois que nous savons qu'il s'agit de personnifier les phénomènes et de suivre leur développement et leurs rapports en racontant l'histoire et les aventures des personnages mythiques, leurs luttes, leurs alli;;nce.?, leurs amours, leurs trahisons, en attribuant à chacun des acteurs de la fable les qualités physiques ou morales de son emploi cosmique et la responsabilité des biens ou des maux qui en résultent pour les habitants de la terre^ nos anciennes aptitudes poétiques se réveillent, et nous sentons se former en nous une intelligence vivante du passé, qui est la meilleure vérification des résultats de notre critique. Cette espèce de travail sur soi-même a été accompli avec succès par plusieurs mythographes, en Allemagne surtout; car les Allemands ont conservé plus que les Français et que les Anglais, au grand bénéfice de l'exégèse mythologique, au détriment, il est vrai, de la sévérité philosophique, le sentiment poétique ancien, et disons ce vague de la pensée et cette enfance des conceptions qui ouvrent le champ de la poésie.

Il est donc avéïé que les mythes sont nés d'un procédé de l'esprit primitif, et, avec les mythes, les dieux qui en sont les personnages. Ce n'est que très exceptionnellement que des héros histoiiques et des événements humains ont servi pour ainsi dire de molécules centrales

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