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CHAPITRE XXII

Origines sémitiques. — De la question du déluge et de quelques points de chronologie.

Avant de passer aux origines sémitiques, il convient de discuter une tradition que les Sémites ont imposée à tous les autres peuples, imposée du moins sous la forme simple et absolue qui plaisait à leur esprit, et de manière à couper l'histoire universelle en deux parts profondément distinctes. Personne n'ignore les inextricables embarras apportés, le point d'arrêt mis aux études de toute nature, les inutiles spéculations engendrées par la substitution de ce système historico-religieux à l'histoire. Naguère encore le déluge usurpait dans la plupart des esprits la valeur et l'intérêt d'un problème capital.

Si l'on avait voulu juger ce problème semblable à tout autre de la haute histoire, le traiter avec la même méthode et la même impartialité, je crois pouvoir affirmer qu'il aurait déjà pris rang parmi les plus faciles, et que la solution en serait regardée comme l'une des plus probables dont la critique historique se puisse vanter relativement à des faits que l'induction seule atteint. On peut, en effet, montrer que le déluge est un fait historique, recouvert par des légendes dont il devint le noyau; que, d'un côté, ce fait est divers, particulier à plusieurs nations qui en ont souffert; en différents temps et en différents lieux : mais la question principale n'est pas là; que, de l'autre, il est commun à plusieurs et ignoré de quelques autres; que ceux des peuples anciens chez lesquels une même cause inconnue qui amena des inondations sur de vastes territoires, donna lieu à la légende dite du déluge l'ont interprété diversement ; que parmi eux les Sémites en ont transmis la tradition universalisée à l'Occident et à l'Orient : aux Grecs, qui l'ont remaniée pour l'accommoder à leurs légendes locales; aux Indiens, qui se sont elforcés de la faire entrer dans le cadre de leurs doctrines de renouvellement du monde; enfin, que la date de cet événement se laisse fixer avec une précision suffisante et tombe à une époque très inférieure au commencement des

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