CHAPITRE XXUI
Orig-ines sémitiques. — Suite.
Les antiques iiaditions des Hébreux offrent deux documents écrits bien divers à celui qui tente de déterminer le berceau des races sémitiques. L'un appartient exclusivement au système de ces traditions et se trouve compris dans la partie élohiste des premiers chapitres de la Genèse. La production de l'Homme, fait mâle et femelle, par Élohirn, n'y porte mention d'aucun lieu particulier. La généalogie de Selh à Noali y reste également dans l'abstrait, mais le déluge nous dépose enfin quelque part, et c'est au mont Ararat, vers les sources de l'Euphrate, en Arménie. Le séjour antédiluvien des nomades hébreux peut donc se fixer avec vraisemblance dans Jes régions du cours supérieur de ce fleuve et de celui du Tigre, et descendre jusqu'à l'entrée des plaines de cette Mésopotamie dont la légende de Xisouthros nous a montré la partie inférieure occupée à la même époque par des populations sédentaires.
Quand nous passons à la généalogie d'Abram, le nom d'Arpaxad, fils de Sem, né deux ans après le déluge^ ce nom que la critique philologique croit formé d'éléments aryens, nous conduit vers de hauts affluents de l'Euphrate, dans une contrée septentrionale voisine de l'Arménie, l'Arrapachitis des Grecs ou Chaldée primitive, pays des Kasdim de la Bible et des Kurdes modernes. Cette contrée, aussi bien que l'Arménie,, parait avoir commencé dès lors à passer en la possession de la race indo-européenne, dont l'expansion dut chasser vers le sud les Sémites qui s'y étaient établis. Si Arpaxad est un mythe, sa paternité à l'égard de Schélah, Héber, Péleg, etc., veut dire que les ancêtres des Hébreux étaient venus de l'Arpaxad. Si ces ancêtres sont eux-mêmes des mythes, leurs noms, qui signifient envoi, passage, dispersion, nous informent d'une marche des nomades vers le sud. Héber, en particulier, serait le symbole de l'époque où YHébreu commença à pouvoir se désigner comme l'homme de l'autre côté du fleuve, selon le point de vue, c'est-à-dire à s'étendre sur les deux rives. Les autres noms entre Péleg et Térach semblent à leur tour représenter des lieux, des stations éche-