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NOS RAPPORTS A LA TRADITION HKERAÏQUE

foi qui les fait s'abstenir de toute décision mentale en dehors de ce qui leur paraît être objet de connaissance empirique, mais encore la prétention de régir et de modeler le peuple eyi mode scientifique à leur image, comme les lettrés de la Chine ou comme les disciples d'Auguste Comte. A ce prix, ils peuvent être logiques.

Pour ceux qui reconnaissent à la tradition biblique un intérêt permanent pour l'humanité, l'origine de cette tradition est une grande et importante question de philosophie de l'histoire. Nous connaissons les origines grecques de la science pure, de l'art noble et de la civilisation libre; nous savons où faire remonter les premiers théorèmes de géométrie, les premières tentatives de doctrine rationnelle, les premiers temples et les premières statues élevées dans un sentiment vraiment esthétique, et les premières cités dignes de ce nom; ou du moins ce que nous ignorons de ces origines est chose inscrutable, plongeant dans la raison d'être des grands hommes et le mystère divin des naissances. Mais nous connaissons moins bien la première source des sentiments qui ont conduit un autre petit peuple, entouré de nations d'un esprit différent, et sans cesse opprimé, à tenter de résoudre le problème de Funité du gouvernement moral du monde, à chercher les sanctions du bien et du mal, à rapporter tout mal au péché, à imaginer un ordre terrestre accompli de justice et de charité. La religion non pas dans le sens universel défini plus haut (1) qui comprend les théologies et les cultes des gentils, mais telle que nous la comprenons aujourd'hui et qu'elle s'est posée en des Écritures, dans la théodicée si tourmentée de Job, dans le monothéisme et dans le socialisme des prophètes, cette religion d'où Jésus et Paul sont sortis, on ne peut en fixer le commencement, par titres authentiques, plus haut que les auteurs de ces Écritures; et ces auteurs eux-mêmes sont en partie discutables, se confondant aux yeux d'une critique dure;, si ce n'est hostile toujours, avec des collecteurs et compilateurs dont les époques se peuvent à peu près assigner. Mais la critique plus consciente de ses conditions réelles et de sa mission doit déterminer ses conclusions par des probabilités morales, exactement comme cela se fait partout, sans que personne soulève de difficultés au nom d'une impossible rigueur démonstrative, dans l'ordre des choses pratiques. Entre cet ordre de choses et celui de la vérité historique, principalement là où il s'agit de faits antiques dont la tradition est discontinue et mêlée d'éléments inadmissibles, qu'on doit éliminer, la parité est complète. Et il y a un motif sérieux d'établir les raisons probables d'une foi à donner, d'une croyance à embrasser, parce que la recherche des origines, aussi loin poussée que possible,

(1) Voyez le c. ii, ci-dessus.

intéresse la philosophie de l'histoire, qui est une grande partie de la philosophie de l'humanité, et que la recherche des origines religieuses, en particulier, importe à nos idées sur la nature morale de l'homme aux temps les plus reculés. C'est ainsi que j'ai compris les devoirs de la critique, en refusant, dans la partie de ce travail relative au sémitisme, de me soumeltre aux vues volontairement bornées des exégètes qui font commencer l'histoire morale des tribus Israélites après lepoque de leur établissement en Palestine, ou après celle de la transporlation des Juifs à Babylone, ou encore plus tard.

Ce n'est point ainsi que la question a été prise par les deux écrivains principaux de notre pays que la nature de leurs études, leur talent et leur sincérité auraient le mieux autorisés pour faire accepter à la philosophie de l'histoire leurs vues sur les sources morales hébraïques. Ils ont tous deux subi, quoique de manières diverses, l'influence d un esprit d'indifférence ou d'hostilité qui, pour des causes bien connues, que je n'ai pas à mentionner ici, s'est de plus en plus étendu, depuis deux siècles, en tout ce qui touche la morale religieuse, sur la partie philosophique et « anticléricale » du public. L'un de ces auteurs, dont l'érudition spéciale est d'un grand prix, et qui donne à ses écrits un charme littéraire singulier, j'ai nommé Ernest Renan, accueille les hautes traditions en leurs points essentiels, et par là déconcerte la critique toute négative qui voudrait se rattacher à ses opinions; il semble même traiter avec le grand sérieux d'une intelligence ouverte et sympathique les sentiments religieux, auxquels il ne marchande pas leur antiquité; mais c'est pour admettre la contradiction le moment d'après avec désinvolture, bafouer, non toutefois sans amabilité ce qu'il admirait tout à l'heure, et se faire du tout une sorte de jeu. C'est une façon de scepticisme éminemment esthétique. Quant à Edmond Schérer, l'autre écrivain dont je veux parler, il n'avait pas tellement rompu avec les études théologiques de sa jeunesse, pour se consacrer à la pure critique littéraire, qu'il n'eût sur le sujet en question les opinions les plus arrêtées; seulement ces opinions étaient entachées d'une hostilité manifeste contre tout ce qui se liait à une foi à laquelle il en voulait apparemment de l'avoir un jour séduit. Il les qualifiait lui-même de sceptiques, mais c'est négatives qu'elles étaient, affirmât ives de certaines négations, et en cela parfaitement dogmatiques. En reprochant, comme il le faisait, à E. Renan, de manquer de scepticisme en sa critique, il s'abusait sur le caractère de ses propres conclusions fort tranchantes, et méconnaissait chez l'auteur de V Histoire du peuple d'hraël la profondeur du parfait pyrrhonisme. C'est « l'essence de la cabale... ils ne sont pas pour eux-mêmes », disait Pascal parlant des vrais pyrrho-

niens. Les contraditions que n'évite pas E. Renan dans le cours léger et facile de son histoire, et qu'il semble presque chercher, montrent bien qu'il n'est pas pour lui-même. Elles font au consciencieux et toujours tendu E. Schérer l'effet d'une inexplicable idiosyncrasie psychologique :

« M. Renan a reculé devant l'hypothèse qui, faisant complètement abstraction de la tradition, envisagerait les Hébreux comme un peuple primitivement polythéiste et idolâtre à la façon des autres Sémites, et ne verrait dans leur monothéisme que le résultat d'une transformation. M. Renan ne croit pas davantage qu'on puisse expliquer la sortie d'Egypte sans admettre l'initiative de quelque prophète législateur dont la légende a ensuite grandi la personne jusqu'à en faire le familier de la divinité. Toutefois on n'écrit pas une histoire avec des données aussi générales que celles-là, et M. Renan qui entendait nous raconter les destinées d'Israël dès l'origine et par le menu s'est trouvé en face d'une grave question : comment faire le départ du faux etdu vrai dans les traditions hébraïques ? La difficulté était encore accrue en ce qui concerne notre écrivain par une disposition particulière de son esprit. M. Renan a peine à prendre un parti dans les questions de critique. On se rappelle combien il lui a fallu d'années pour arrivera une conviction sur la valeur du quatrième Évangile, et dans quel état de fluctuation il en est resté au sujet de plusieurs autres écrits et de plusieurs récits du Nouveau Testament. Trop perspicace et trop savant pour ne pas sentir la force des objections qui s'élèvent contre une opinion traditionnelle, il se trouve en même temps mal à l'aise dans le doute; il lui répugne d'avoir à instruire simplement une cause, à constater simplement une lacune dans les témoignages; son âme a horreur du vide, et alors nous assistons à un spectacle d'un intérêt pour ainsi dire psychologique. L'écrivain se hâte d'oublier les objections qu'il a fait valoir, les résultats auxquels il est parvenu, l'état dans lequel il a laissé les problèmes; il fait usage du document condamné comme s'il ne l'avait pas condamné, du fait apocryphe comme s'il ne l'avait pas déclaré apocryphe. C'est plus fort que lui. Il lui faut à tout prix des affirmations, tout au moins des hypothèses... Il ne s'en explique pas, il ne s'en excuse pas, il n'est pas même certain qu'il ait conscience de son procédé. C'est un cas d'idiosyncrasie. »

11 y a ici une nuance que E. Schérer n'a pas aperçue. Ce n'est pas Vdme de l'historien qui a horreur du vide, mais seulement l'imagination de l'artiste qui, chez E. Renan, s'amuse à le combler après un moment de contemplation fort détachée; et le procédé lui est trop familier pour qu'il n'en ait pas conscience. 11 est même permis de croire qu'il n'ignore pas combien le succès de ses livres est lié à sa

manière aisée qui, pareille à celle de la conversation moderne^ évite de s'appesantir, n'exige de l'auditeur qu'une attention modérée, et parcourt les aspects variés des choses sans se préoccuper pédantesquement de savoir s'ils s'accordent. C'est peut-être ce qu'il a appelé en termes d'une modestie charmante, « le cliquetis des mots et des idées, le petit carillon qui était en lui, auquel le monde se plut, et que, peut-être pour son malheur, il fut engagé à continuer » (1).

On sait que rien ne facilite et n'agrémente le style comme cette façon de faire courir la phrase d'affirmations en affirmations simples, et remplace les lourdes incidences, modificatives de la pensée, par des pensées contraires à la suite, qui avertissent le lecteur de n'être pas trop strict à conclure et de laisser un peu flotter les rênes de la conviction. Ajoutez à ces mérites éminemment littéraires, des traits d'imagination vive, un assaisonnement fréquent de fine ironie, une connaissance réelle de la matière à traiter, mais quelque chose aussi qui avertit que l'auteur n'est pas l'esclave de son sujet, que c'est plutôt le sujet qui est un moyen de récréation esthétique de l'auteur, et vous aurez réuni tout ce qui peut le mieux plaire à un public instruit et délicat, mais indifférent, disposé à jouir de la communication d'idées nouvelles pour lui, ou même à faire son profit de certaines vues fines et pénétrantes, bien plus qu'il ne s'attend à se voir apporter des vérités définitives ou des résultats de probabilités pesées scrupuleusement.

Ce n'est donc pas qu'il faille à tout prix des affirmations, tout au moins des hypothèses à un peintre d'histoire (si l'application de ce mot m'est permise) tel que E. Renan; il hii faut des figures et des couleurs, ce qui est bien différent; et c'est pour cela qu'il lui arrive d'employer, dans le texte de son récit, des traits anecdotiques qu'il déclare apocryphes dans les noies (2); pour cela aussi qu'il se laisse aller à des explications naturalistes de certains miracles, de la révélation sur le Sinaï, par exemple : autre sujet de reproche pour un critique qui n'entend pas la plaisanterie.

Mais ne confondons pas ces embellissements, que l'historien accompagne d'un sourire qu'on voit ou qu'on devine, avec le jugement réel et sérieux que, dans quelques chapitres, il porte sur les antiquités hébraïques considérées dans leur ensemble et touchant leurs points les plus importants. Je ne dis pas que, sur ces points mêmes, il ne soit point sujet à se contredire, et que, traitant des prophètes et de l'époque ou les Écritures ont reçu leur forme actuelle, il n'oublie

(d) Souvenirs d'enfance et déjeunasse par E. Renan, p. 147-8.

(2) E. Schérer cite des exemples de ce curieux procédé que l'historien imagiaatif justifierait eu alléguant que, si cela n'e?t vrai, cela aurait pu l'être : cela ou quelque autre cbose du même genre.

jamais ce qu'il a admis quand il traitait de l'état mental des nomades hébreux huit ou dix siècles auparavant; mais les premiers jugements subsistent, et c'est ce que regrette E. Schérer, qui voudrait un scepticisme plus systématique. Ai-je bien dit un scepticisme? oui, c'est ce qu'il demande^, mais en se trompant sur sa propre disposition mentale, ainsi que je l'ai déjà remarqué. La négation formelle est ce qui lui convient.

« Le procédé que je signale, dit-il, a le tort de vicier un très beau livre, et, qui plus est, il tient à l'une des maladies du temps où nous vivons. On ne sait aujourd'hui qu'affirmer ou nier, et toujours avec le même dogmatisme ; on ne sait point douter, c'est-à-dire suspendre son jugement là où manquent les moyens légitimes de s'en faire un. » Beaucoup de gens croiraient le contraire, et que, sur les sujets dont il s'agit ici, en dehors des Églises, le dogmatisme ne sévit guère. Mais voyons quelle est la méthode que E. Schéier propose pour suspendre son jugement en écrivant l'histoire : « Le problème (pour M. Renan) n'élait pas insoluble. On pouvait faire comme Duncker, qui, dans son Histoire de fantiquité^ rapporte les traditions hébraïques comme les traditions homériques, c'est-à-dire à titre de légendes et sous leur forme légendaire. M. Reuss a suivi une voie un peu différente, mais encore plus conforme aux exigences de la critique, dans son admirable Histoire des Saintes Écritures de i" Ancien Testament (en allemand, 1881). Partant de ce fait, que l'histoire certaine, l'histoire proprement dite du peuple d'Israël ne commence qu'avec son arrivée dans la région du Jourdain, il n'y rattache l'histoire de Moïse qu'à titre de fiction nationale, et se garde bien d'en tirer autre chose que de vagues inductions. Quant aux soi-disant souvenirs de Tâge patriarcal, ils trouvent leur place au moment où l'on doit admettre que l'idylle a déjà pris naissance^ et, en partie du moins, revêtu sa forme, c'est-à-dire à l'époque où la royauté s'établit chez les Hébreux. »

Mais il est clair pour quiconque a un peu de logique et sait distinguer entre l'affirmation et le refus de se prononcer soit positivement soit négativement, que la méthode qu'on vient de décrire implique un jugement formel négatif: à savoir, la négation de l'existence de raisons suffisantes, de probabilités suffisantes, en d'autres termes,, — car l'histoire, et surtout l'histoire ancienne, et celle de la haute antiquité éminemment, n'a jamais que des probabilités pour preuves^ — pour discerner et définir un fondement de réalité dans les parties des Écritures que leurs auteurs ont présentées comme traditionnelles chez leur nation : notamment dans la mémoire de l'Exode, et de la servitude en Egypte, et dans les légendes de la vie des plus anciens pères de leur race. Rapporter les légendes sous leur forme légendaire^ purement et simplement, ou, mieux encore

selon E. Schérer, les rattacher, et rattacher même la sortie d'Egypte, à titre de fiction nationale, à l'époque où l'on suppose qu'une telle fiction a pu naître, c'est évidemment nier et non pas seulement mettre en doute le fond historique des récits. Nier, on le peut assurément, de même qu'affirmer en parfaite bonne foi, et, de fait, les opinions sont partagées, — je n'oserais dire tout à fait indépendamment des sentiments philosophiques et religieux des auteurs; mais enfin elles le sont ; — ce qui n'est pas admissible, c'est la prétention de ne pas opiner, par la manière seule de placer et de rapporter, dans le cours d'une histoire, les récits traditionnels mêlés d'éléments légendaires.

Un autre critique opposé aux vues de E. Renan sur les antiquités judaïques, et historien lui-même, mais qui n'entend nullement se renfermer, comme E. Schérer, dans le doute, — car il pense qu'on en viendra à adopter les conclusions de E. Havet, et à fixer rigoureusement aux iv'' et 111® siècle avant notre ère la composition et l'invention de la religion de la Bible (1) — formule à son tour cette objection en se plaçant au point de vue de l'auteur de l'histoire du peuple d'Israël : « puisque de son aveu, dit-il, les livres qui tracent le tableau de l'état patriarcal datent des temps mêmes où l'ancienne religion ressuscite brillamment avec les prophètes, n'est-il pas beaucoup plus simple d'admettre que les auteurs des livres prophétiques ont reporté dans les temps reculés et prêté aux ancêtres de la race leurs propres conceptions? Si l'on suit quelque peu cette idée, on arrivera à se persuader qu'il est impossible de restituer l'évolution des idées religieuses au sein du peuple d'Israël pour la période qui précède le roi David ou même Ézéchias (2) .»

Si, par évolution des idées religieuses, M. Maurice Vernes entend, dans ce qui concerne les tribus hébraïques, leur passage graduel, à la lumière de l'histoire, des idées communes au monde sémitique, naturaliste et polythéiste, à celles qui caractérisent la religion de la Bible, il pose la question dans des termes inacceptables pour les critiques qui n'admettent pas a priori que la tradition doive être déclarée en bloc fictive ou négligeable. Aux yeux de ceux-ci, il y a un point de vue qui, dans sa généralité et jusqu'à preuve contraire, a les apparences pour lui : c'est que les Hébreux ont eu, dès la haute antiquité, la conscience d'eux-mêmes, en tant qu'animés de sentiments religieux et moraux antagonistes de ceux des nations qui les entouraient, en même temps qu'ils subissaient plus ou moins la contagion des moeurs et des cultes de ces dernières. Si ce point de vue est le vrai, rien n'est plus naturel que la suite d'actions et de réac-

(1) Maurice Vernes, dans la Revue philosophique, n° de décembre 1890, p. 623-4.

(2) IbicL, p. 616.

tions dont les écrits des prophètes et les livres historiques de la Bihle porleni témoignage et qui devaient conduire au triomphe définitif du parti du monothéisme et de la moralité. Dans le système que M, Maurice Vernes dit être beaucoup plus simple, et qui consiste à imaginer que les auteurs des livres prophétiques ont reporté à des temps reculés leurs propres conceptions, on a à expliquer d'où ils les ont prises, ou comment ils se sont accordés à les former, à les élaborer, à les mettre en forme de récits historiques, et comment ils ont réussi à faire accepter de tout un peuple leurs propres rêveries pour ses traditions. C'est cela qui n'est ni simple ni vraisemblable. Parler d'évolution dans la classe lettrée, ce n'est nullement rendre compte de la nature de l'œuvre biblique. Au fond, l'hypothèse qui veut nous faire envisager l'origine d'un faisceau de croyances populaires dans le fait du transport que quelques esprits échauffés auraient fait de leurs idées à l'antiquité, donnant la forme d'événements historiques et de connaissances traditionnelles à des choses de leur invention, cette hypothèse, quoiqu'on cherche à la présenter sous un aspect un peu différent, se rattache à la manière de voir que les progrès de la psychologie morale semblaient avoir fait abandonner de tous les esprits élevés de notre siècle, et qui assigne pour causes aux religions la fraude et la crédulité. La fraude^ à laquelle nous ne voulons plus croire aujourd'hui, quand il s'agit des grands révélateurs individuels visés par le titre fameux d'on ne sait quel vieux livre inconnu : De tribus impostoribus, nous aurions donc à l'admettre pour toute une collection d'écrivains procédant par entente commune et occupant, avant et après l'ère de la captivité, l'espace de temps dont la critique a besoin pour placer les auteurs et les assembleurs des écrits divers de l'Ancien Testament qui reposent sur un même fond de sentiments et de croyances rapporté aux origines de la nation, développé et fortifié par Moïse, et régénéré par une suite d'hommes inspirés. 11 n'y a pas d'explication, tirée de l'esprit créateur des mythes et des légendes, qui puisse s'étendre à ce phénomène littéraire, considéré dans son ensemble comme une œuvre de simulation de l'histoire. Le caractère le plus frappant de la Bible est son aspect général d'histoire d'une nation, histoire mêlée de légendes et de miracles, sans doute, comme celles de toutes les antiquités nationales, mais, malgré tout, marquée en beaucoup de ses traits, d'un caractère de positivité qui ne se trouve pas ailleurs, et qui manque, par exemple, aux fables des origines des Grecs, grands créateurs de mythes.

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