‹ Introduction à la philosophie analytique de l'histoireChapitre 229 sur 243 · RÉCAPITULATION. ÉTAT ACTUEL DES DIVERS PROCÉDÉS 5S · texte numérisé non relu

RÉCAPITULATION. ÉTAT ACTUEL DES DIVERS PROCÉDÉS 5S

tant qu'homme idéal sont deux conceptions qui se rejoignent en partant de points différents, et qui épuisent tout ce qu'on sait du divin, métaphysique à part. Mais il y a les questions de l'unité de Dieu et du gouvernement du monde.

La pneumatologie n'est pas aussi abandonnée qu'on le pourrait croire, car sans parler des superstitions, de celles des ignorants et de celles de bien d'autres qui ne s'estiment pas tels en renouvelant les sciences occultes, il n'est pas très rare de trouver des hommes qui partagent le point de vue de Kepler et du platonisme sur les astres animés. Certaine angélogie ou démonologie appartient au même système de croyances. Le système entier et ses différentes applications trouvent d'autant moins de crédit que la réflexion étend plus son empire et que les méthodes scientifiques gagnent en autorité. En effet, le spiritisme est essentiellement ar])i traire dans ses procédés, soit qu'on se forge des êtres de toutes pièces, sans aucun fondement, ou que Ton croie en observer, mais avec des procédés d'observation illusoires; soit qu'on attache des esprits recteurs à des êtres concrets, à des agglomérations de phénomènes dont la personnalité n''est nullement une propriété apparente, et dont les mouvements, la composition, la nature même se révèlent progressivement à la science, et s'expliquent par des lois incompatibles avec les modes d'agir d'une conscience. Or ce* arbitraire n'est pas excusé par une nécessité de religion, d'autres voies étant ouvertes, et de moins gratuites, de plus générales, pour arriver à concevoir un système intellectuel et moral du monde. L'idée universelle de l'ordre, que la Chine antique a employée pour lier les êtres, sans la déterminer clairement en aucun d'eux, est toujours le grand mystère divin. L'existence et la multiplication des Esprits ne sauraient faire que nous le pénétrions.

Le mode de représentation des dieux par les incarnations et les métempsychoses, tel que l'ancienne Egypte et plus tard l'Inde le comprirent, tient au concept général des âmes plutôt qu'il ne s'offre à nous pour rendre compte des lois causales et finales de l'univers. On peut pourtant le prendre sous ce dernier aspect : alors on imagine la personne ou les personnes divines comme douées du pouvoir de prendre toutes les formes afin d'accomplir toutes les actions et d'exercer toutes les magies. Ce point de vue est loin d'être abandonné aujourd'hui, puisque des millions d'hommes s'y tiennent et n'en conçoivent pas d'autre. De plus, certains dogmes admis dans la religion des nations les plus rationalisées ont là leurs racines, historiquement peut-être, logiquement tout au moins, quelque épuration qu'elles aient apportée aux formules en repoussant des hérésies. Cependant la raison est contraire à toutes ces idées de métamorphoses, d'unions ou de changements de natures, et de 'production de phéno-

Page 1