‹ Introduction à la philosophie analytique de l'histoireChapitre 230 sur 243 · RKCAPITULATTON. ÉTAT ACTUEL DES DIVERS PROCÉDÉS · texte numérisé non relu

RKCAPITULATTON. ÉTAT ACTUEL DES DIVERS PROCÉDÉS

mènes, au hasard d'une volonté sans limites. Elle y voit la négation de l'ordre, un démenti donné à tout ce que l'observation et l'étude établissent de constant. Le miracle est pour elle une substitution de l'imagination et de ses illusions aux faits véridiques; la magie divine, une démoralisation de la puissance et de l'intelligence par la fantaisie. Ainsi, à mesure que la raison s'étend, il faut que l'essence et l'action de la divinité se généralisent et paraissent de moins en moins localisées dans les phénomènes cosmiques et dans l'histoire.

Le symbolisme a tenu une place considérable dans l'institution des objets du culte. Le concept même du divin n'a souvent porté que sur un symbole. Je crois avoir expliqué ce fait primitif en le rattachant à la nature des signes de la pensée, à l'illusion puissante qui donnait à ces signes un certain être universel, extérieur à l'homme, plus encore une existence personnelle. Le symbolisme est encore aujourd'hui l'àme de cultes très vivaces, qui semblent tout anthropomorphiques, mais que soutient singulièrement l'idée de perfection d'un attribut ou d'un type (par exemple le culte de la Sainte Viergf). Nous voyons, d'une autre part, des théologiens philosophes nier la réalité externe et le fondement historique de leur religion, en extraire l'essence formelle, poser celle-ci devant eux comme un idéal, réduire ainsi le matériel à un pur symbole, et prétendre néanmoins conserver l'objet de ladoration et les moyens de la sanctification de l'âme. Tel est le christianisme de Hegel et de son école. On peut aller plus loin, et se faire de parli-pris des symboles qu'on tire des grandes notions intellectuelles et morales, nominalement divinisées, ou même des grandes existences physiques sanctifiées (exemple les cultes posUivisles). Ceite mythologie artificielle est une source toujours disponible de cultes, auxquels je ne refuserais pas le pouvoir d'être utiles et moralisants, si seulement ils duraient assez pour se rendre sérieux en devenant traditionnels. Mais le même esprit qui les aurait institués ne les amènerait jamais à être de vrais cultes dereligion. Il leur manquerait toujours de s'adresser à des objets réels, intéressant directement la conduite divine du monde et la destinée immortelle de l'àme. En général, disons qu'autant le symbolisme se montre une méthode religieuse et propre à figurer des dieux, lorsque ni l'inspiration ni la naïveté ne manquent a ses créations, autant il paraît froid et .sans vertu quand il se connaît lui-même. L'homme qui pose et arrange sciemment des symboles ne voit plus en eux que des signes d'idées abstraites et générales, dont il se sent trop l'auteur, et à l'aide desquels il ne saurait parvenir à fixer quelque chose de subsistant par sa vertu propre.

Mais les symboles sont-ils aussi vains que la philosophie et la poésie modernes s'accordent à les faire? Ne se rapportent-ils pas

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