‹ Introduction à la philosophie analytique de l'histoireChapitre 239 sur 243 · RÉCAPITULATION. LA FOI ET LA RAISON · texte numérisé non relu

RÉCAPITULATION. LA FOI ET LA RAISON

des modifications de l'âme ou des faits de l'histoire aient parmi leur coefficients une action divine. La religion s'empare de cette possibilité, en définit les objets et leur confère la réalité par la foi. La critique reprend son droit en exposant ce qui lui semble le plus probable de l'espèce naturelle des phénomènes religieux. Par là elle impose à la foi des bornes, au grand bénéfice de cette dernière dont l'épuration est un effet qu'elle ne subit pas sans peine, mais surtout de la raison générale et de la liberté qui sont partout menacées quand la religion se croit trop certaine, et certaine de trop de choses.

On dit avec raison que la foi vient des Hébreux, et elle en vient moins encore pour le fond et la matière des croyances que pour le principe même qui les pose toutes et les avoue comme telles. Ce fut dès la haute antiquité l'apanage de la nation qui se fit de la vie humaine, de la vie morale, l'idée la plus grave, reçut de l'existence du mal dans le cœur de l'homme l'impression la plus profonde, et apporta la passion la plus sérieuse à s'informer de la justice. La foi lui était nécessaire, parce qu'elle cherchait la source du devoir, soit individuel soit national, dans les bienfaits et dans la volonté d'un Dieu saint. La faiblesse et la corruption de l'homme n'étaient, sans doute, capables de s'élever en ce temps à la justice, qu'en s'exaltant par un idéal de commandement divin pris tout entier hors de l'homme. De là le concept auquel le Peuple de Dieu arriva, d'une législation divine directe, embrassant toutes les sphères de l'âme; et de là aussi, plus tard, son espérance d'une humanité régénérée, vivant saintement sur la terre, mais toujours avec l'aide ou plutôt par l'œuvre même de Dieu. Ni l'excès de cette méthode de la foi, employée à l'exclusion de toute autre pour la définition du vrai et du bien, ni la résolution de toute puissance et de toute vertu en une seule volonté suprême (sous la réserve du libre arbitre humain pourtant), ne doivent nous faire oublier que la croyance est l'unique moyen d'atteindre certaines vérités, et les plus hautes; qu'elle est un élément d'affirmation de celles que nous abordons par des voies différentes, un fondement de la raison pratique et une sanction externe, si ce n'est indispensable à tous, au moins singulièrement précieuse, de l'ordre interne de la conscience. L'humanité doit donc à l'initiative des Hébreux la connaissance et l'usage formels de cet organe des religions, la foi, qui est aussi une condition, quoique moins apparente et trop peu avouée, de tout ce qu'on nomme doctrine en philosophie.

Quelques races de la famille aryenne ont uni à une plus grande ouverture d'intelligence, à une acceptation plus naïve de la nature et de ses lois, moins distinguées de Dieu, à plus de légèreté aussi dans les sentiments, et à une impression moindre de la corruption

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