‹ Introduction à la philosophie analytique de l'histoireChapitre 40 sur 243 · APPLICATION DK LA LOI DI-; SOLIDARITÉ · texte numérisé non relu

APPLICATION DK LA LOI DI-; SOLIDARITÉ

née dans la lutte qu'à son corpsdéfendant, sont l'exemple le plus frappant de ce qu'on pourrait appeler la contagion du mal par réciprocité. L'action de la solidarilé, dont je définis ainsi le premier degré, en a un second et un plus important. Les actes répétés deviennent chez un individu des habitudes, et les habitudes, prenant une valeur sociale, deviennent des usages et des coutumes. En même temps les maximes correspondantes aux actes et inventées pour les légitimer deviennent des lois de fait. Une fois sanctionnées par le temps et par l'accord et la transmission de génération en génération des passions qu'elles justifient, ces lois deviennent à peu près indiscutables et comme naturelles. Le théâtre de la moralité, celui des délibéiations de conscience est entièrement changé. Enfin les modifications physiques individuelles, mais Iransmissibles, continuées et aggravées en un même sens dans une suite de générations, et correspondantes aux habitudes d'imagination, de passion et de régime successivement contractées, introduisent dans l'organisme un système de mobiles puissants et constants qui tendent à perpétuer les faits accomplis et à consacrer les maximes reçues. Ainsi se forment un milieu social, et des sortes de milieux personnels et physiques désormais affectés chez chacun au fondement naturel de sa vie morale. L'influence exercée sur un homme quelconque par les idées, les coutumes et les lois du monde où il vit, et auquel se rapportent nécessairement ses actes, est démontrée par l'expérience universelle. Très peu s'en affranchissent dans une forte mesure. L'intluence de la constitution physique et des dispositions personnelles natives n'est pas plus contestée; mais dans l'ignorance où Ion est des lois précises qui la font dépendre du sang des ancêtres, et de celles qui modifient les organes eu raison de la vie et des habitudes, on est quelquefois porté à se la dissimuler en partie.

Sous l'action de ces deux causes, la liberté humaine est singulièrement amoindrie, non point dans son essence et dans son acte, m lis en ce sens que le champ où elle se déploie est devenu, de naturel qu'il était, factice en grande partie, et s'est resserré en bien ou en mal à l'égard des actes soumis à une délibération sérieuse. Ici se présentent deux phénomènes nouveaux que je dois indiquer, bien que je ne puisse les développer encore : l'un rétrécit plus que jamais le champ de la liberté, l'autre l'agrandit et tend à le restituer tout entier; le premier appartient à tous les peuples, le second n'a été pleinement acquis qu'à quelques-uns,, et même jusqu'ici qu'à des personnes choisies. Je veux parler de la religion, puis de la philosophie en tant qu'émancipation de l'esprit. Les croyances et les pratiques religieuses, développées dans des directions que déterminent essentiellement les passions et les mœurs, réagissent sur les faits moraux

d'où elles sont nées et leur rendent autant de force qu'elles en ont reçu. Toutes les institutions sociales ont d'ailleurs le même effet et enchaînent pour le bien ou pour le mal les descendants de ceux qui les ont librement consenties. Mais les spéculations rationnelles et la recherche consciencieuse de la vérité, partout et autant qu'elles peuvent naître et se répandre, mettent l'homme en possession de la plus grande part d'exercice de sa liberté qui soit compatible avec les lois de l'esprit et de la nature.

En résumé, nous comprenons, sans avoir besoin de résoudre le problème de l'unité ou de la pluralité des races humaines, et en supposant au besoin l'unité, que les temps les plus reculés où remonte rinduction historique nous puissent montrer, d'un côté, des tribus à mœurs patriarcales, comme dans la Bactriane ou la Mésopotamie ou la Chine, de l'autre, des hordes sauvages, semblables à celles que renferment encore l'Afrique ou l'Océanie. L'abîme qui sépare une famille pure d'une famille déchue n'est pas autre en sa profondeur que celui qu'on peut sonder journellement entre deux membres d'une même société. Ici le goût du travail et des joies honnêtes, là la passion du libertinage et de la rapine. Là comme ici la liberté a fait son œuvre, et la solidarité a fait la sienne. Seulement, une tribu corrompue depuis des centaines ou des milliers d'années infuse dans le sang et la passion de ses membres des instincts de seconde nature qui exigeraient peut-être un temps proportionné pour être amendés ou détruits.

Au reste, les tentations et les épreuves, les conséquences diverses qu'elles peuvent avoir, n'appartiennent pas aux individus seuls. Des peuples entiers y sont soumis. Les nombreuses tribus que nous voyons aujourd'hui si dégradées peuvent n'avoir pas toutes la même antiquité dans le mal, et il s'en faut qu'elles y plongent à la même profondeur. Plusieurs d'entre elles semblent se trouver à quelques égards dans un état moral peu éloigné de celui qui dut suivre de près les temps primitifs. Plusieurs sont descendues si bas que rien n'est au-dessous. L'épreuve la plus violente que les unes et les autres aient subie, avec de bien différentes issues, est incontestablement la famine. J'ai signalé plus haut les tentations nées des relations personnelles des hommes; ici, j'envisage l'effroyable crise morale qui tient aux conditions naturelles. Cette crise, en tous temps, en tous lieux, le rapport de la loi de population avec les lois des climats, des saisons et des subsistances, ne cesse de l'entretenir, quoique adoucie et transformée aujourd 'hui et pour nous, grâce aux bienfaits de la capitalisation et du commerce. Mais elle s'est produite jadis et se produit encore sur certains points comme une question immédiate

de vie et de mort. Aucune race, aucun groupe social certainement n'y ont échappé. Remontons encore une fois à Tantiquité la plus haute, et voici ce que nous pourrons constater avec autant d'assurance que si nous eussions été témoins et acteurs de ces scènes fatales. Certaines tribus adoptèient pour unique solution du problème de la vie, la chasse de l'homme, les guerres d'extermination, l'anthropophagie. De là vinrent aussi les sacrifices humains; car^, sous l'impression de l'horreur des actes, s'engendrèrent des idées religieuses en harmonie avec les pratiques. Ces tribus, il est douteux qu'elles aient jamais pu se relever, du moins sans un secours étranger. Certaines autres résistèrent au mal, mais passivement, et courbèrent la lète en laissant la nature accomplir son œuvre de destruction. Les dernières soufTrirent aussi avec patience, mais rien au delà de l'inévitable, et, pensant à l'avenir dans les maux du présent, se créèrent courageusement la ressource du travail ou celle des migrations. Cette triple disposition morale est encore facile à observer dans les cas analogues, même sur un radeau parmi des naufragés, là où cependant il n'y a que peu de place pour les inspirations du devoir et de l'énergie.

Par tout ce qui précède, on voit de combien de causes ou d'occasions ont dû résulter les scissions morales et matérielles de l'humanité, dans le développement de la liberté, et de combien de manières a dû se produire la guerre, une des formes essentielles du mal, celle dont le nom peut servir de terme générique à toutes les autres. Lorsque de très profondes différences en mœurs et en idées, en vices et en vertus, se furent creusées entre des races soit primitivement étrangères, soit congénères mais dispersées, la guerre se trouva être en quelque sorte naturelle, l'esclavage naturel, la conquête légitime, les castes justifiées : l'activité humaine n'avait plus ses mobiles dans les régions de la simple justice et de l'universelle bienveillance. Et quand des familles, autrefois très proches, se rencontraient sur la terre et ne se reconnaissaient plus, il fallait que les unes se fissent place en refoulant les autres ou en les soumettant. La victoire était aux plus héroïques, c'est-à-dire à ceux dont les crimes étaient les plus mêlés de vertu. L'esclave était celui dont Aristote a dit que la vraie nature était la sujétion, l'unique vertu l'obéissance. C'était aussi trop souvent celui à qui Jupiter prenait avec sa liberté sa vertu, selon l'observation d'Homère. Le maître corrompait l'esclave, ensuite l'esclave corrompait le maître, et les fils des héros n'étaient que des geôliers et des bourreaux.

J'ai fait abstraction de l'unité ou de la diversité d'origine des races. Ainsi le voulait mon sujet, parce que j'avais à établir dans la question du bien et du mal quelque chose de supérieur à la race mémo, à la race physique primitive. Je crois avoir fait comprendre, en eff"et,

la formation des races éthiques dans l'humanité, leur opposition fatale après un temps suffisant d'exercice de la liherté. Rétablissons maintenant les hypothèses écartées. Si les races les plus tranchées sont physiquement unes à l'origine, comme elles l'ont été moralement, je n'ai rien à changer, rien à ajouter à mon analyse des premiers développements de la passion et delà volonté. Restent seulement des difficultés de plus d'un genre où les plus compétents me semblent embarrassés et ne prendre parti, quoi qu'ils disent, qu'à raison de leur attachement ou à la tradition religieuse ou à l'hypothèse de l'évolution. Si les races sont physiquement diverses, au point de constituer orif^'inairement des espèces (mais fusibles entre elles, comme il est de fait), et je suis de ceux qui sont portés à le croire, la similitude morale demeure, doit être le point de départ du moraliste. Que l'historien prête aux races indépendantes des puissances diverses en qualité ou en degré, une prédominance plus ou moins marquée de la sensibilité et de certaines passions, ou, au contraire, un premier état passionnel plus favorable à l'avènement formel de la réflexion ; que, po\ir faciliter en apparence leur tâche, des auteurs de philosophiesde l'histoire cherchent en dehors de l'homme la cause esseiitielle de ce qui lui est le plus propre et le plus intime, et, voyant la direction morale que chaque race a suivie la qualifient, s'il leur plait, de loi géographique, il n'importe. Accorde-t-on que toutes ont été libres? cela suffit. Libres réellement, libres également, les coefficients externes de leurs développements divers ne viendront qu'à un rang subordonné visà-vis des conséquences fatales de leurs premières déterminations libres. Nécessitées et prédéterminées, si elles l'ont toutes été, la question est autre, mais je ne reviendrai pas sur les motifs que j'ai longuement exposés ailleurs, en faveur de la croyance en la liberté humaine. Si enfin quelques-unes ont été libres et les autres non, celles-ci n'ont pas réellement appartenu à l'humanité dont elles se détachaient par le caractère le plus éminent : l'histoire morale les ignore; l'humanité véritable n'a pu avoir à leur égard d'autres sentiments ni d'autres devoirs qu'en ce qui concerne les animaux, esclaves naturels, incapables comme elles de la pleine conscience et du progrès qui en dépend.

Mais rien ne nous autorise à penser que certaines races ont été primitivement dépourvues de l'apanage essentiel de l'homme. Il s'ensuivrait une anomalie choquante dans les rapports de l'intelligence et des passions avec les fonctions volontaires, puisque nous ne saurions introduire entre les plus différents des êtres humains la moindre distinction spécitique au point de vue de ces rapports : ils ont tous le langage, les grandes affections communes, le pouvoir de procéder avec réflexion et calcul à la poursuite de leurs fins. Aucune hypothèse

tolérable ne rendrait compte de l'état des races les plus abaissées. On ne voudrait pas alléguer une méchanceté naturelle, car nul animal n'est méchant, nul instinct n'est condamnable comme tel, et le mal moral ne se comprend que dans une conscience libre; et toutefois on ne pourrait nier chez les sauvages l'existence de ces caractères de l'acte que la liberté seule explique en nous, je veux dire la malice cruelle, le caprice volontaire et malfaisant, la ruse savante et prolongée, et les éclats de perversité sensibles, jusque dans les jeux et dans les fêtes. Une dernière considération ne doit pas échapper à un homme de notre race : c'est que ses propres ancêtres ont touché à cet état de liberté obscurcie et de passions simulant le pur instinct, où tant de tribus sont et demeurent sous nos yeux. Si la liberté les en a relevés à la longue, la liberté les y avait fait tomber. Ainsi, une puissante analogie doit nous porter à conclure que les hommes les plus dégradés sont partis primitivement comme eux de la conscience libre et de la table rase de la moralité. Si la liberté et la conscience du bien et du mal n'avaient point été données à l'origine, il ne serait plus possible de nous en représenter le commencement et d'en trouver la place au milieu de la chaîne ininterrompue des phénomènes.

Je ne disconviens pas toutefois qu'il y ail eu une notable différence de degré entre la déchéance des Celtes, des Germains ou des Slaves, après leur séparation de la grande famille aryenne, et la déchéance de telle misérable tribu océanienne. Les premiers paraissent avoir presque toujours conservé certaines vertus solides et une grande force d'initiative; cela se voit à leurs mœurs militaires, à leurs aventures conquérantes, et, sous d'autres rapports, à la condition des femmes parmi eux; aussi ont-ils pu s'aider eux-mêmes dans une forte mesure quand les circonstances les ont mis en demeure de faire un grand pas dans la vie morale. Mais l'état de quelques autres races ou familles est devenu si proche de l'abrutissement, une habitude prolongée de la paresse, de l'intempérance et des passions subversives leur a si bien fait une seconde nature, et leurs idées religieuses se trouvent, en conséquence, tantôt si pauvres, tantôt si infâmes, que la liberté morale est visiblement, chez eux, tombée en léthargie. Leur vie est un sommeil que souillent et épouvantent de mauvais rêves. Nous devons avouer, à notre honte, que les impressions et les enseignements que leur apporte notre commerce avec eux sont rarement de nature à les appeler au réveil de la conscience.

Il existe chez nos historiens et nos critiques une disposition générale à expliquer par la race tout ce que présentent de diversités à leur étude les mœurs, les institutions et les produits religieux des peuples. Et ils rapportent à chaque race un tempérament physique et moral primitif qui n'admettrait guère pour modificateurs que les

influences de climat, de sol et de régime alimentaire. C'est un inexcusable ouLli de la liberté, qui est pourtant le fait essentiel des actes moraux, lesquels ont une portée et des conséquences nécessaires immenses et de tout genre, au sein d'une seule et même race.

Je ne nie pas les conditions et les occasions externes. Je ne conteste la valeur d'aucun des excitants de Tesprit. Si mon analyse en néglige plusieurs, c'est que je les crois suffisamment connus, exposés de toutes parts. Mais je pose en regard de cette race d'origine naturelle, qui n'est pas tout et devient souvent peu de chose, la race d'origine morale, celle que produisent, par le jeu de la solidarité, à la suite dune série d'actes libres, les mœurs, les idées, les institutions politiques et religieuses une fois constituées, et le tempérament contracté lui-même. De cette race-là, que ne prédéterminaient point les données primitives, naît et procède la forme d'un État. Par elle se distinguent les Grecs des Grecs et les Romains des Romains, sous un même climat, quand d'autres mœurs, d'autres lois les façonnent et d'autres traditions les maîtrisent à de longs intervalles. Cet esprit et ce sang de formation seconde sont le travail constant et Fœuvre plus ou moins durable d'un peuple. Ils ont absorbé en grande partie, chez les peuples qui ont longtemps vécu, le sang primitif et les premiers instincts. C'est une vérité qui éclate à l'examen le plus sommaire des annales, des idées et des mœuis. Contre quelques traits de caractère qui peuvent persévérer à travers toutes les évolutions de la conscience, on observe, chez telle race des plus tranchées, d'une époque à une autre époque, de profonds changements de direction intellectuelle et morale. Le fait est incontestable à l'égard des masses populaires, mais particulièrement frappant quand nous portons notre attention sur la classe d'élite de chaque nation, aux époques de véritable culture humaine. Or cette classe, indispensable à la marche progressive d'un peuple, est le modèle certain de ce qu'il peut devenir par son travail sur lui-même aidé, selon les cas, de ses relations avec les autres.

Nous voyons pourtant nos habiles critiques, ethnologues et philologues, au lieu de reconnaître la liberté humaine et d'en constater les effets, partout où leurs recherches les conduisent à retrouver un même rapport ethnique sous des propriétés morales autres, en divers lieux ou en divers temps, reculer tout troublés, et se jeter dans le hasard des hypothèses afin d'établir que les origines diffèrent, ou que de puissantes causes externes ont agi. Quand cesseronsnous de nous donner inutilement tant de peine pour fuir l'aspect de l'homme réel, libre et modifiable par soi encore plus que par autrui, et chercher à sa place on ne sait quel produit de la nature, le jouet des événements ?

Je résume la conclusion la plus générale de ce chapitre et du précédent :

Les premiers hommes étaient sur la pente du mal, et ils étaient de même sur la pente du bien, en tant que des mobiles opposés inclinaient en eux la conscience, et que leur volonté pouvait donner force, constance et réalité, aux difïérentes passions et aux vices ou vertus qui naissent de la répétition des actes moraux.

Si nous les considérons par rapport aux conditions externes et aux milieux naturels, il est incontestable qu'ils n'ont point eu de moyens durables d'existence sans lutte; car le travail leur a été imposé, et le travail implique la lutte, d'une part, contre les choses, mal adaptées aux besoins de la vie humaine, d'autre part, contre soi-rnème, contre le goût des jouissances immédiates et le dégoût de la peine. Et si nous les considérons par rapport à leurs semblables, h leurs associés, efTectifs ou simplement possibles, la lutle est née du conflit des besoins, et de celui des passions, et des idées intéressées que les hommes se sont formées de leurs obligations mutuelles ou de la justice. Tous ont ainsi descendu plus ou moins la pente du mal en contractant des vices, spécialement le vice de paresse, et tombant dans l'erreur intéressée sur le droit et le devoir. Ils ont, par action ou par réaction, pris des personnes pour simples instruments de leurs fins propres. La lutte pour Vexistence n'a donc pu manquer de prendre en peu de temps la plus grande intensité, partout où des rivalités se sont déclarées chez les premiers hommes.

Leurs successeurs ont eu les mêmes penchants, et nous les avons nous-mêmes, diminués ou renforcés par les coutumes, les idées ou croyances générales, les institutions, les lois, enfin par les dispositions natives modifiables qui se sont établies ou transmises de génération en génération. Ainsi se sont formées, ainsi se sont détruites des races éthiques, dans lesquelles il faut voir autant de formes de l'humanité œuvre d'elle-même.

Les races physiques et primitives, en les supposant multiples, ont eu en commun la liberté, et en propre les dispositions variées qui lui ont servi de matière. L'issue des tentations et des épreuves de la vie leur a été diversement fatale. Les unes sont tombées très bas et ne se sont pas relevées; les autres se sont fait des vertus et des croyances qui les ont soutenues; les meilleures ont trouvé dans la réaction contre le mal la source de biens très supérieurs au bien de l'innocence, comme je l'expliquerai bientôt. Celles-ci, ou leurs héritières, représentent aujourd'hui l'humanité morale et portent ses destinées dans leur sein.

Les races jeunes, plus encore les premiers hommes, ont dû manifester, à peine sortis de l'innocence, une spontanéité, des impulsions

violentes en tout sens, dont ilnous est difficile aujourd'hui de concevoir seulement l'idée. Leurs mérites et leurs crimes ont atteint sans aucun doute de grandes proportions, dans la nudité étrange où ils se produisaient. Nous qu'enchaîne une solidarité sociale très étroite, nous avons, dans le bien, l'appui de tout ce que le bien accompli dans le passé a préparé ou édifié autour de nous. Et notre liberté est en demeure de travailler sur le fonds considérable de l'expérience, des seatimenis et des idées, acquis dans le cours des siècles par les races dont nous descendons, ou que nous avons sous les yeux et dont nous connaissons l'histoire.

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