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CHAPITRE VII

Orig-ines morales et politiques. Solidarité du bien et du mal.

Je voulais déterminer la nature du mal initial dans la vie humaine, celle du premier manquement à la loi morale. Pour cela j'ai supposé un état primitif et moralement pur de la première as.sociation, ou plutôt de quelques familles de l'humanité. J'avais le droit de faire celte supposition en y joignant la défmition d'un penchant au mal aussi caractérisé que le penchant au bien. D'abord, la pureté morale prise pour point de départ n'implique nullement la conformité de cette ancienne vie des hommes avec toutes les règles qui nous semblent aujourd'hui prescriptibles, et avec les faits que nous jugeons objectivement ju.efes et bons; elle ne va point au delà de la satisfaction de la conscience empirique, telle qu'alors elle existait, et d'un accord suffisant entre les sentiments naturels, la notion générale du Juste et la conduite journalière. K nous de chercher seulement jusqu'où ces sentiments naturels devaient s'étendre, avant que les grandes tentations physiques et morales et l'expérience du mal eussent produit des effets considérables. Or c'est une question qu'il suffit ici de poser sans s'obliger à la résoudre pleinement.

Ensuite^ s'il était vrai que l'origine humaine tout à fait première dût être cherchée au sein de la pure animalité, la critique philosophique de l'histoire prendrait toujours légitimement un point de départ dans un milieu déjà humain, c'est-à-dire purifié des passions les plus brutes et élevé au-dessus du règne de l'instinct par la distinction réfléchie d'un bien et d'un mal moral. C'est en effet là et là seulement que se rencontre l'origine morale. C'est là qu'il faut envisager l'homme, au point d'intersection des deux voies qui pouvaient le conduire à la dégradation de son être ou à l'amélioration progressive, quoique si traversée, de sa destinée terrestre. C'est par là que, en l'absence de données originelles certaines, les actes de l'humanité se ramènent cependant à une loi, et ses mouvements à un point fixe, et que l'histoire revêt une signification conforme à la simplicité de la pensée morale. Enfin il ne serait pas juste de reprocher à cette méthode qu'elle feint l'existence d'un certain homme moral ou de

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