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DE LA NOTION DE DIEU COMME CAUSE ARSOLUE

damental dans les phénomènes de Texislence individuelle, lacroyance à une autre vie ne rencontre aucun obstacle. Aussi esl-elle presque aussi répandue que la religion, et devient-elle un point essentiel de son développement; mais elle n'en est pas partout un élément également nécessaire, formulé avec le même netteté à l'origine. Des tribus, qui ne sont pas toujours parmi les moins morales, se sont faiblement préoccupées de ce sujet.

La forme de l'autre vie se détermine en raison des idées morales, puis de l'état plus ou moins spéculatif des intelligences. Dans le fétichisme, qui nous occupe seul en ce moment, on devrait s'attendre à ne trouver que des notions basses et confuses. On a pu cependant y observer le germe de la doctrine des transmigrations, destinée à de si grands développements dans certaines religions. La croyance aux mânes, le culte des mânes existe aussi, chez certaines peuplades, à côlé du culte des fétiches. Les esprits des morts sont alors supposés exercer une influence sur les vivants, poursuivre des vengeances, par exemple, et se laisser toucher par des sacrifices ou éloigner par des enchantements. La divination et les songes prennent naturellement leur part dans ces superstitions.

Mais .une idée tout à fait étrangère à l'idée d'une autre vie, dans ce cercle de croyances inférieures, est celle qui attache à un mode d'existence future la récompense ou la peine dues à la direction de la volonté dans l'existence présente. Il n'y a qu'une conscience morale bien établie qui, jointe à une vue élevée du monde, en tant que soumis à la loi de la justice, ait pu suggérer la doctrine de la rémunération finale. Des hommes qui en sont venus à ne connaître de lois que la nécessité et la force doivent rêver pour toute vie future une continuation du jeu des mêmes éléments. S'ils croient les âmes égales, une fois dépouillées de leurs corps visibles, c'est qu'ils les jugent également faibles dans cet état de nudité. Si, au contraire, ils leur supposent d inégales puissances, ou des séjours différents, selon les qualités qui leur ont appartenu précédemment, ils ne manqueront pas d'attribuer la plus grande part de force et de bonheur aux plus forts et aux plus heureux de ce monde, et la misère aux misérables. La maxime régnante est le Vœ viclis, dont la doctrine de la rémunération est appelée plus tard à prendre le contre -pied.

Telles sont les notions sur YimmortaliU de l'âme, qu'on observe, souvent faibles et obscures, dans la sphère la plus ba?se des sentiments religieux. Quant à la notion de Dieu, nous avons vu qu'elle se réduit à une sorte de divinisation arbitraire des objets naturels, auxquels on reconnaît des puissances mystérieuses que l'inspiration, la divination, les songes, les sortilèges et les enchantements appren-

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