‹ Introduction à la philosophie analytique de l'histoire. Les idées. Les religions. Les systèmesChapitre 138 sur 291 · DIEUX D*HÉUOPOLIS, DE SA!S, ETC · texte numérisé non relu

DIEUX D*HÉUOPOLIS, DE SA!S, ETC

que le travail théologîque ait tendu à fondre les croyances en les rattachant à un même principe générateur et à des symboles communs, et aussi qu'il n'y soit parvenu que très imparfaitement.

Par exemple, nous trouvons à côté des triades de Thëbes et de Memphis une divinité souveraine, rebelle aux hiérarchies, Neit, la déesse de Sais. L'inscription de son temple est célèbre : Je suis ce qui est, ce qui sera, ce qui a été; nul n'a levé ma tunique, et le fruit que fai enfanté est le Soleil. On voit qu'il s'agit d'une essence divine vierge, primitive et démiui^que. Mais comme il faut toujours que l'idée de la génération physique prenne sa place, le double sexe est attribué ailleurs à cette déesse Neit, née d'elle-même, et le bélier lui est consacré, comme à Amoun, dont elle est une vraie rivale.

Le caractère féminin est au contraire inséparable d'Athor, déesse Vache des villes que les Grecs appelèrent apkroditopolesy déesse Ëpervier, sous une autre face, de même que Neit est quelquefois Vautour. Athor était la patronne et le type d'apothéose des femmes : les défuntes ou justifiées reçurent à une certaine époque le titre à^athoriennesy comme les hommes prenaient celui d'osiriens. Cette déesse avait probablement un caractère indépendant, quand on la nommait Siège et Mère du Soleil. Ensuite elle fut associée à la légende et au culte d'Isi, à Abydos et à Memphis, et devint la nourrice du dieu enfant, Hor, qu'elle porta dans ses bras.

L'énumération serait longue des divinités que leurs titres élèvent indififéremment à Tabsolu. C'est Ra, Vincréé, ou qui se crée luimême, ce Soleil, qui a tout fait et sans qui n'a été fait rien, ce grand Chat, destructeur du mal, qui tranche la tète du Serpent. C'est Cheper, le grand Scarabée, celui qui est par soi, c'est-à-dire éternellement. Ce sont les dieux de An (Héliopolis) : Atoum, l'inaC" cessiblCy Dieu vivant et unique, habitant seul Pabîme, Soleil avant le lever y créateur et maître du ciel et de tous les êtres; Schou, l'Atlas égyptien, lumière essentielle ou primitive, et en même temps force initiale, dont les bras levés supportent et font tourner le grand corps de la déesse Ciel. C'est Hésiri, Soleil nocturne et vie dans le passé sans limites, comme Atoum; Hésiri, qui copule avec lui-même^ et Hor, son fîls et son représentant, autre dieu unique et vivant générateur du monde, émasculateur du mal. Enfin, c'est Taout, le dieu de la science et de l'art, qui combat à côté de Hor et qui luimême n'a pas été produit ; et d'autres encore, sans reparler de Noum, le premier existant, père des pères et mère des mèi^es, qui souffle Vosuf où naquit Ptahy ni d'Amoun, ni de Ptah, aussi, père des commencements, créateur de Vœuf du soleil et de la lune. Tous sont également les premiers pères et seigneurs de l'univers.

On se tromperait même en croyant que ce peuple, qu'on nous

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peint si entier, si exclusif, et qui n'était qu'ivre d*adorations, opposa toujours une résistance invincible aux cultes étrangers. Ici je ne fais pas allusion au christianisme, pour qui TÉgypte fut une terre féconde. Bien des siècles auparavant, Tinfluence sémitique apporta sur les bords du Nil des dieux qui semblaient avoir servi trop efficacement les armes des nations leurs garantes, pour que TÉgyptien ne se crût pas obligé de leur rendre ses devoirs, conformément à l'esprit du polythéisme. Les monuments constatent, sous la XIX^ dynastie (xv<^ et XIV® siècles), un culte de Bel, la grande divinité des peuples sémites, et d'Astaroth, déesse phénicienne, et de divers dieux locaux du pays de Kanaan, tout spécialement de Soulech (est-ce encore Bel?) que Ton sait avoir été le dieu national de ces nomades qui avaient conquis et occupé rÉgypte. Sous la dynastie précédente, les campagnes d'Asie des Pharaons avaient déjà introduit en Egypte, avec de nouveaux éléments de civilisation et de puissance (le cheval, inconnu jusque-là, les chars de guerre, le chameau peut-être), cette représentation imposante du sphinx, que Ton a cru longtemps originaire d'Egypte et dont la provenance assyrienne n'est plus douteuse. L'art égyptien consacra cette figure au symbole des rois, en tant que dieux Soleils. C'est encore de la même époque, celle des premières communications avec Babylone et l'empire d'Assyrie, qu'on doit faire dater probablement les spéculations mythologiques sur le zodiaque, empruntées par l'Egypte au sacerdoce chaldéo-baby Ionien. L'Asie, non l'Egypte, a été le siège de l'antique religion astrolatrique, et par suite le berceau de l'astronomie.

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